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28/05/2014

interview de Pierre Kipré à l'occasion de la sortie de son dernier ouvrage

 

"CULTURES ET IDENTITÉS NATIONALES

 EN AFRIQUE DE L’OUEST  

le Daà dans la société béninoise d’hier à demain"

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Ni « âge d’or » ni « siècles obscurs », la période avant la conquête coloniale a été le temps de multiples et complexes processus d’identité collective quand se sont construits des États en Afrique de l’Ouest.

 

Aujourd’hui, on peut en retrouver des pans entiers à travers des institutions anciennes ; car celles-ci continuent de peser fortement sur la vie de relation et les niveaux de conscience collective des populations.

 

On peut penser que, à travers les crises de gouvernance et les dysfonctionnements de l’État contemporain, cette histoire longue n’a pas été suffisamment prise en compte pour faire coïncider les institutions postcoloniales avec l’adhésion des peuples au nouvel ordre étatique et voir ainsi émerger (ou construire) un nouveau « nous » englobant toutes les communautés rassemblées dans le nouvel espace politique. Plus de cinquante ans après les « soleils des indépendances », l’État contemporain continue d’être largement perçu comme une addition de communautés distinctes, réticentes à se reconnaître mutuellement d’un même espace et d’un même projet national.

 
4 questions à Pierre KIPRE à l'occasion de la sortie de son dernier ouvrage
 
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Lambert GBOSSA*  et Pierre KIPRE

 

Pressinfos : Pourquoi ce thème ?

Pierre KIPRE : Je voulais examiner la pertinence ou non de la thèse selon laquelle les peuples africains ne peuvent pas se constituer en État-nation parce que leur histoire ne leur a pas permis d’accéder à ce niveau d’identité collective.



Pressinfos : Qu'avez-vous appris des recherches effectuées ?

PK : En étudiant la fonction de Daà, institution créée au début du XVIIIè siècle dans l’ancien royaume d'Abomey, j’ai vu comment cette institution a joué un grand rôle dans la consolidation de l’État du Danxomè jusqu’à la fin du XIXè  siècle et comment elle continue d’être encore aujourd’hui, comme hier, un marqueur vivace de l’identité culturelle des peuples de cet ancien royaume ; celui-ci s'étendait sur tout le tiers méridional de l’actuel Bénin. Mais tous les peuples du Bénin n’ont pas connu les mêmes trajectoires. On constate la même chose dans d’autres États de l’Afrique de l’Ouest, comme par exemple au Ghana (royaume ashanti) ou dans d’anciennes entités politiques du Sahel. Ainsi, comme partout dans l’histoire humaine, la question de l’État-nation reste-t-elle liée à l’histoire singulière de chaque peuple ou formation politique et sociale.

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Bo Aifon Wekelivo  Daà d'ABOMEY*


Pressinfos : Quels enseignements peut-on en tirer pour l’avenir ?

PK : C’est en enrichissant le rôle du Daà à partir des enjeux actuels de l’État en Afrique de l’Ouest que ces institutions sociales anciennes peuvent apporter une contribution effective :

- à l’appropriation de l’État africain contemporain dans ses dimensions actuelles

- à la consolidation des bases sociales de l’État par la formation d’une véritable citoyenneté à l’échelle de tout le territoire,

- à la vulgarisation des nouvelles valeurs nées de la rencontre avec l’Occident (respect des droits humains, démocratie représentative, sciences et techniques)

- à l’intégration des peuples et simplement celle des structures étatiques.
Je voulais examiner la pertinence ou non de la thèse selon laquelle les peuples africains ne peuvent pas se constituer en État-nation parce que leur histoire ne leur a pas permis d’accéder à ce niveau d’identité collective.

Pressinfos : Quel sera le thème de votre prochain ouvrage ?

PK : Probablement, ce sera sur "les effets socioculturels de la conflictualité en Afrique de l'Ouest, de la fin du XIXè siècle au début du XXIème". La documentation est ici très abondante (archives,romans,presse etc.), en plus des témoignages individuels tout cela dans quelques mois, le temps de me reposer après la présente étude qui m'a pris deux ans de recherches.

 

 

Contact presse:

Virginie ROBERT
Editions l'Harmattan
5-7 rue de l'Ecole Polytechnique
75005 PARISvirginie.robert@harmattan.fr

 

 * Lambert GBOSSA et le Daà d'Amomey ont aidés activement Pierre KIPRE dans ses recherches pour écrire son ouvrage.

 

 NDLR : le texte de l'interview est libre de droit de reprise

 

 

 

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