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23/06/2014

Rapport d'International Crisis Group: La crise centrafricaine: de la prédation à la stabilisation

Un Rapport sur la crise centrafricaine de la prédation à la stabilisation

A lire pour se faire une idée plus fine des enjeux

 

http://fr.calameo.com/read/0031526246ecd1ac3f779

28/05/2014

interview de Pierre Kipré à l'occasion de la sortie de son dernier ouvrage

 

"CULTURES ET IDENTITÉS NATIONALES

 EN AFRIQUE DE L’OUEST  

le Daà dans la société béninoise d’hier à demain"

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Ni « âge d’or » ni « siècles obscurs », la période avant la conquête coloniale a été le temps de multiples et complexes processus d’identité collective quand se sont construits des États en Afrique de l’Ouest.

 

Aujourd’hui, on peut en retrouver des pans entiers à travers des institutions anciennes ; car celles-ci continuent de peser fortement sur la vie de relation et les niveaux de conscience collective des populations.

 

On peut penser que, à travers les crises de gouvernance et les dysfonctionnements de l’État contemporain, cette histoire longue n’a pas été suffisamment prise en compte pour faire coïncider les institutions postcoloniales avec l’adhésion des peuples au nouvel ordre étatique et voir ainsi émerger (ou construire) un nouveau « nous » englobant toutes les communautés rassemblées dans le nouvel espace politique. Plus de cinquante ans après les « soleils des indépendances », l’État contemporain continue d’être largement perçu comme une addition de communautés distinctes, réticentes à se reconnaître mutuellement d’un même espace et d’un même projet national.

 
4 questions à Pierre KIPRE à l'occasion de la sortie de son dernier ouvrage
 
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Lambert GBOSSA*  et Pierre KIPRE

 

Pressinfos : Pourquoi ce thème ?

Pierre KIPRE : Je voulais examiner la pertinence ou non de la thèse selon laquelle les peuples africains ne peuvent pas se constituer en État-nation parce que leur histoire ne leur a pas permis d’accéder à ce niveau d’identité collective.



Pressinfos : Qu'avez-vous appris des recherches effectuées ?

PK : En étudiant la fonction de Daà, institution créée au début du XVIIIè siècle dans l’ancien royaume d'Abomey, j’ai vu comment cette institution a joué un grand rôle dans la consolidation de l’État du Danxomè jusqu’à la fin du XIXè  siècle et comment elle continue d’être encore aujourd’hui, comme hier, un marqueur vivace de l’identité culturelle des peuples de cet ancien royaume ; celui-ci s'étendait sur tout le tiers méridional de l’actuel Bénin. Mais tous les peuples du Bénin n’ont pas connu les mêmes trajectoires. On constate la même chose dans d’autres États de l’Afrique de l’Ouest, comme par exemple au Ghana (royaume ashanti) ou dans d’anciennes entités politiques du Sahel. Ainsi, comme partout dans l’histoire humaine, la question de l’État-nation reste-t-elle liée à l’histoire singulière de chaque peuple ou formation politique et sociale.

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Bo Aifon Wekelivo  Daà d'ABOMEY*


Pressinfos : Quels enseignements peut-on en tirer pour l’avenir ?

PK : C’est en enrichissant le rôle du Daà à partir des enjeux actuels de l’État en Afrique de l’Ouest que ces institutions sociales anciennes peuvent apporter une contribution effective :

- à l’appropriation de l’État africain contemporain dans ses dimensions actuelles

- à la consolidation des bases sociales de l’État par la formation d’une véritable citoyenneté à l’échelle de tout le territoire,

- à la vulgarisation des nouvelles valeurs nées de la rencontre avec l’Occident (respect des droits humains, démocratie représentative, sciences et techniques)

- à l’intégration des peuples et simplement celle des structures étatiques.
Je voulais examiner la pertinence ou non de la thèse selon laquelle les peuples africains ne peuvent pas se constituer en État-nation parce que leur histoire ne leur a pas permis d’accéder à ce niveau d’identité collective.

Pressinfos : Quel sera le thème de votre prochain ouvrage ?

PK : Probablement, ce sera sur "les effets socioculturels de la conflictualité en Afrique de l'Ouest, de la fin du XIXè siècle au début du XXIème". La documentation est ici très abondante (archives,romans,presse etc.), en plus des témoignages individuels tout cela dans quelques mois, le temps de me reposer après la présente étude qui m'a pris deux ans de recherches.

 

 

Contact presse:

Virginie ROBERT
Editions l'Harmattan
5-7 rue de l'Ecole Polytechnique
75005 PARISvirginie.robert@harmattan.fr

 

 * Lambert GBOSSA et le Daà d'Amomey ont aidés activement Pierre KIPRE dans ses recherches pour écrire son ouvrage.

 

 NDLR : le texte de l'interview est libre de droit de reprise

 

 

 

20/01/2014

COTE D'IVOIRE: communiqué d'Amnesty Internationale

17 janvier 2014 -

Un chef de milice accusé de crimes contre l’humanité doit être détenu conformément à la loi

Les autorités ivoiriennes doivent transférer l’ancien chef de milice, Charles Blé Goudé, qui est  accusé de crimes contre l’humanité, vers un lieu de détention légalement reconnu et autoriser ses proches et ses avocats à le rencontrer, dit aujourd’hui Amnesty International. 


Charles Blé Goudé, qui a soutenu l’ancien président Laurent Gbagbo, est détenu depuis un an dans un lieu de détention placé sous le contrôle du ministère de l’Intérieur pour des charges relatives aux violences post-électorales de 2010-2011. 


« Empêcher Charles Blé Goudé de voir ses avocats ne sert pas la cause de la justice pour les victimes des crimes dont il est accusé », a déclaré Gaëtan Mootoo, chercheur Afrique de l'Ouest à Amnesty International.  


« Les autorités doivent au contraire veiller à ce que toute procédure judiciaire engagée contre lui soit transparente et équitable afin que les victimes et leurs proches puissent obtenir la justice auxquelles elles ont droit » 


Depuis son arrestation, au Ghana et son transfert en Côte d'Ivoire, Blé Goudé s’est vu refuser un accès régulier à ses proches et avocats. Ses avocats n'ont été autorisés à le voir qu’une seule fois, en août 2013. En décembre de la même année, les autorités n’ont pas accédé à une demande d’Amnesty International de lui rendre visite.

 
Au cours des dernières années, Amnesty International a recensé des cas de torture et de détention au secret contre des partisans réels ou présumés de l'ancien président Laurent Gbagbo à la Direction de la surveillance du territoire (DST), un lieu relevant du Ministère de l’Intérieur où est détenu Charles Blé Goudé.

 
« La détention de Charles Blé Goudé à la DST constitue une violation flagrante du droit  international et national. Nul ne doit être détenu dans un lieu de détention non officiel, sans accès à un avocat », a déclaré Gaëtan Mootoo.    Outre les procédures judiciaires ouvertes à l’encontre de Charles Blé Goudé au niveau national, la Cour pénale internationale (CPI) a émis un mandat d’arrêt à son encontre, pour crimes contre l’humanité, y compris meurtres et viols, violence sexuelle, persécution et autres actes inhumains.    
Le 13 janvier 2014, la Côte d’Ivoire a demandé aux juges de la CPI un sursis de trois mois avant de remplir son obligation d’exécuter le mandat d’arrêt et livrer Charles Blé Goudé. Les juges de la  CPI peuvent autoriser un tel report afin de permettre la clôture des procédures judicaires ouvertes à son encontre devant la justice ivoirienne. Dans cette demande, les autorités ivoiriennes se sont engagées à accélérer les poursuites judiciaires contre Blé Goudé au cours du premier semestre de l’année 2014 
« Si les juges de la CPI accordent ce sursis, les autorités ivoiriennes doivent rapidement achever l'enquête et – en cas de preuves suffisantes – poursuivre en justice Blé Goudé et le remettre à la CPI », a déclaré Gaëtan Mootoo. 

  
Près de trois ans après la fin de la crise post-électorale qui a fait près de 3 000 morts, des partisans avérés ou supposés de l’ancien président Laurent Gbagbo continuent d’être victimes de violations des droits humains, telles que des détentions prolongées sans procès et une absence d’accès régulier à leurs proches et avocats. 


Au cours des deux dernières années, Amnesty International a recensé des centaines de cas de personnes qui ont été placées en détention pendant des mois sans avoir accès à leurs proches ou leurs avocats en raison de leur soutien réel ou présumé à l'ancien président Gbagbo. 


Les Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI, armée nationale) et la police militaire se sont rendues responsables de nombreuses violations des droits humains en arrêtant et détenant des individus en dehors de tout cadre légal sur des bases souvent ethniques et politiques.  


Ces exactions ont été rendues possibles par la prolifération de lieux de détention non reconnus comme tels où des individus soupçonnés de tentative d’atteinte à la sûreté de l’État ont été détenus au secret, parfois pendant de longues périodes et dans des conditions inhumaines et dégradantes. Beaucoup ont été torturés et certains ont été remis en liberté  contre le paiement de rançons. 


Au niveau national, la justice ivoirienne n’a ouvert d’enquêtes sur des allégations de crimes qu’à l’encontre des partisans réels ou supposés de Laurent Gbagbo alors que, à la connaissance d’Amnesty International, aucun des auteurs des violations postélectorales commises par les forces de sécurité n’a eu à répondre de ses actes. 


L’ancien président Laurent Gbagbo a été transféré à la CPI à La Haye en novembre 2011, afin d’y répondre de chefs d’inculpation relatifs à des crimes contre l’humanité. La CPI devrait prendre une décision relative à ces charges dans le courant 2014. L’ex-Première Dame, Simone Gbagbo, a également été inculpée de crimes contre l’humanité. Toutefois, elle n’a pas encore été remise à la CPI en raison d’une exception d’irrecevabilité soulevée par les autorités ivoiriennes.