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17/10/2013

République Centrafricaine:La violence des combats atteint un niveau sans précédent



Une assistance humanitaire accrue doit être déployée de toute urgence

 
Paris - Bangui, le 16 octobre 2013 : Selon l’organisation médicale Médecins Sans Frontières (MSF), des dizaines de milliers de villageois ont fui une nouvelle vague d’attaques et d'exécutions sommaires - perpétrées tant par des groupes armés que par des forces gouvernementales - dans le nord-ouest du pays. Plus de 30 000 déplacés seraient sur Bossangoa et des milliers d’autres dans les environs. Ils vivent désormais tous dans des conditions précaires avec peu ou pas d’abris ni de sanitaires, ni de nourriture ni d’eau potable. MSF appelle tous les groupes armés à respecter la sécurité des civils, ainsi que du personnel médical et humanitaire. Elle exhorte également à déployer une aide d’urgence accrue dans la zone concernée.
 
‘’A Bossangoa, au cours du mois dernier, nous avons soigné plus de 60 personnes, la plupart de leurs blessures étaient dues à des armes à feux ou des coups de machette, parmi eux il y avait des femmes et des enfants’’, déclare Erna Rijinierse, chirurgienne à MSF. ‘’Plus de 80% des interventions chirurgicales que nous menons sont liées au conflit. Nous sommes très choqués par ce à quoi nous assistons : des villages brulés, des meurtres…’’ Ceux qui fuient ont désespérément besoin d’aide, mais aussi de la protection que peut leur apporter la présence d’organisations humanitaires.’’
 
De nombreux témoignages de violences liées aux divisions religieuses ont également été directement rapportés à MSF comme l’exécution - par des hommes armés - de huit personnes après qu’elles aient été séparées d´un groupe qui tentait de fuir à bord d’un camion, ou encore l’assassinat ciblé de deux hommes dans un village ce qui a incité nombre de villageois de la même confession à s’enfuir.
 
Dans ce climat de peur et de violence généralisées, les gens fuient dans la brousse ou bien se regroupent en quête de plus de sécurité. A Bossangoa, ils seraient 28 000 à avoir trouvé refuge au sein de la mission catholique, ce qui dépasse de très loin la capacité d’accueil du site. 1 200 personnes sont en ce moment regroupées dans un hôpital dont la moitié de l’enceinte a de fait été transformée en camp de fortune ; 1 000 vivent près d’une piste d’atterrissage et 400 autres se sont installées dans une école. Alors que la saison des pluies se poursuit, ceux qui vivent en brousse dont dangereusement exposés au risque de contracter le paludisme, première cause de mortalité en RCA.
 
Selon Ellen Van der Velden, chef de mission MSF en RCA, ‘’toutes ces personnes n’ont pas d’abris et dorment là où elles peuvent : dans les églises, les écoles ou sous les arbres. Ces familles vivent dans une grande promiscuité. Elles cuisinent, mangent, dorment, se lavent et font leurs besoins au même endroit. Ces conditions d’hygiène désastreuses accroissent de manière critique le risque d’épidémie. MSF est aujourd’hui l’une des seules ONG à travailler dans les zones du pays affectées par le conflit. Elle fournit des soins médicaux et chirurgicaux, un accès à l’eau potable et à l’hygiène, ainsi qu’un soutien nutritionnel. Mais une aide plus importante est nécessaire et doit être déployée de toute urgence.’’ Dans toutes ses structures médicales, MSF aide et soigne tous les patients, indépendamment de leur religion, affiliation politique ou autre.
 
Depuis le mois d’octobre, de violents et meurtriers affrontements ont été rapportés à Bouca et Garga, dans le nord-ouest, ainsi qu’à Mbaiki, dans le sud-ouest. Civils, comme personnels médicaux et travailleurs humanitaires ont tous été victimes de violences physiques. MSF a ainsi été directement témoin de l’exécution d’un personnel médical ainsi que de multiples attaques violentes à l’encontre du personnel humanitaire. A Bouca, l’organisation continue de porter secours à 400 familles vivant dans un site de regroupement depuis l’incendie de leurs maisons en septembre dernier. Si cette instabilité devait perdurer, l’accès aux soins pour les populations affectées par le conflit – et déjà rudement éprouvées – sera dangereusement compromis.


 
En savoir plus
 
La RCA a connu des décennies d’instabilité politico-militaire qui ont fait de ce pays, aujourd’hui,  un contexte d'urgence humanitaire et sanitaire chronique. Suite au coup d'Etat de mars dernier, la situation s'est encore détériorée. La Séléka, coalition rebelle à la tête du coup d’Etat de mars, est devenu le gouvernement “de facto” de la RCA. Les références faites aux "forces gouvernementales" dans ce communiqué se réfèrent à la Séléka, l’ex-Seleka ou à des groupes armés affiliées à celle-ci. Depuis début septembre, de violents et meurtriers affrontements entre divers groupes armés et forces gouvernementales ont eu lieu dans différentes zones du pays.
 
Le conflit exacerbe les besoins médicaux, déjà très importants avant, y compris dans les zones les plus stables du pays. Le système de santé souffre d'un manque chronique de personnels qualifiés et la RCA compte peu de structures de santé publiques en dehors de Bangui, la capitale. Les pénuries en médicaments essentiels sont fréquentes et beaucoup de Centrafricains n’ont pas les moyens de  payer les soins et traitements. Une grande partie de la population n'a pas accès aux soins, même de base, et les taux de mortalité en RCA sont au-dessus des seuils d'urgence.
 
MSF travaille en RCA depuis 1996. Actuellement, MSF mène sept programmes « réguliers » (à Paoua, Carnot, Zemio, Boguila, Kabo et Batangafo Ndélé) et a récemment initié des activités d'urgence à Bossangoa, Bouca Bria et Gadzi. A la fin de l'année 2012, 1 300 personnes travaillaient pour MSF dans le pays. Nous soignons tous les patients se présentant dans nos structures, indépendamment de leur âge, genre, appartenance religieuse, politique ou autre.
 

Médecins sans frontière à propos de la Somalie

Les prises de parole publiques MSF expliquées au grand public

 

 

Un site internet pédagogique fait le récit de la construction des prises de parole publiques de MSF. Première étude de cas : La Somalie au début des années 1990.

 

Paris, le 3 Octobre 2013 - Médecins Sans Frontières lance aujourd’hui un nouveau site internet (www.speakingout.msf.org) qui donne un aperçu sans précédent des mécanismes de décision ayant mené aux prises de parole de l’organisation lors des crises humanitaires clés qui ont marqué les 40 dernières années.

 

La première étude de cas mise en ligne  analyse l'expérience de MSF en Somalie au début des années 1990. Intitulée Somalie 1992-1993: Guerre civile, alerte à la famine et intervention «militaro-humanitaire» de l'ONU, elle propose une réflexion sur le positionnement public de l'organisation en réponse aux défis opérationnels complexes posés aux déploiements d’une action humanitaire indépendante. Parmi ces défis : le développement de la communication publique et du plaidoyer dans un contexte de guerre civile intense, l’inadaptation de la capacité de réponse à l’ampleur de la crise ; les dérives de l’intervention militaro-humanitaire des forces de maintien de la paix des Nations Unies et des Etats-Unis.

 

La publication de la première étude de cas intervient quelques semaines après la décision de MSF, en août 2013, de se retirer de la Somalie après 22 ans de présence. Ce retrait a été motivé par une série  d’agressions extrêmement graves sur les équipes, assassinats, enlèvements et attaques que les groupes armés et les autorités civiles ont tolérées voire soutenu. Ce retrait fait écho à la décision prise par MSF en 1993 de quitter temporairement la Somalie, en raison des dérives de l’opération militaro-humanitaire et de l'incapacité des autorités et des Nations Unies d’assurer la sécurité des humanitaires.

 

Selon le Dr Joanne Liu, présidente de MSF international : "La Somalie au début des années 1990 a marqué un tournant pour MSF. Pour la première fois, nous avons été obligés d'embaucher des gardes armés, et pour la première fois, la communauté internationale a eu recours à une force militaire pour protéger les convois d'aide et les humanitaires contre les pillards. En conséquence, la sécurité et l'indépendance de MSF ont été complètement remises en cause."

 

L'étude de cas décrit les difficultés et les dilemmes auxquels a été confrontée MSF, résolument déterminée à venir en aide à la population somalienne, pendant les premières années de la guerre civile. Étant l'une des rares organisations médicales présentes en Somalie au cours de la première année de la crise, MSF a  largement participé à alerter l’opinion publique internationale sur la gravité de la situation dans le pays.

 

L'étude documente aussi la décision de MSF de questionner les règles d’engagement des forces de maintien de la paix, auteurs de dérives violentes, ainsi que les conséquences politiques et opérationnelles qui en ont découlé.

 

Il s’agit de la première des dix études rétrospectives qui seront progressivement mises en ligne sur le site dans l’année à venir.

 

Celles-ci documentent les réflexions internes de MSF sur les crises qui l’ont poussé  à prendre une position publique, telles que les transferts forcés de population lors de la famine en Ethiopie en 1985 ou le génocide des Rwandais tutsis en 1994. Elles témoignent des dynamiques de la réponse humanitaire de MSF face aux dilemmes soulevés lors de chacune de ces crises.

 

Chaque étude de cas est composée d’un montage de documents (correspondance et documentation interne à MSF, extraits d’articles de presse écrite et audiovisuelle, etc.) et d’entretiens approfondis avec des volontaires MSF sur le terrain et les responsables du siège à l’époque.

 

"A MSF, nous préférons préparer collectivement les décisions, plutôt que les imposer  par le haut.   Dans les moments critiques, nos choix sont fondés sur la confrontation interne d'analyse et d'idées. Nous souhaitons  être ouverts et transparents sur la façon dont ont été prises les décisions clés sur notre positionnement lors des crises les plus complexes. Cette lecture devrait être passionnante pour tous les observateurs de l'action humanitaire ".

 

Des copies imprimées de ces études peuvent aussi être obtenues auprès de  MSF.

 

Médecins Sans Frontières est une organisation humanitaire médicale internationale qui fournit une aide médicale indépendante aux personnes touchées par les conflits armés, les épidémies, l'exclusion des soins de santé et les catastrophes naturelles. Lorsque MSF est témoin d'actes de violence graves, de crises négligées ou d’obstacles à ses activités, l'organisation s'engage à prendre la parole pour en parler.

Pour plus d'informations, rendez-vous sur le site internet « www.speakingout.msf.org »

16/10/2013

Deuxième édition du concours VIH Pocket Films

 

Ce concours -dont l’objectif est d’informer les jeunes sur le VIH et les sensibiliser aux risques sexuels- concerne les 15-25 ans qui sont invités à réaliser une courte vidéos (2 minutes) sur le VIH à partir de leur téléphone portable. Seuls ou en groupe, les participants peuvent déposer leur vidéo jusqu'au 31 janvier 2014 sur www.sidaction.org


 

Un jury, composé de professionnels de l'audiovisuel, de la communication et de la lutte contre le sida, sélectionnera les vidéos gagnantes à l'occasion du Sidaction 2014.


Les vidéos gagnantes seront intégrées sur un DVD pédagogique qui sera diffusé à plus de 19 000 structures accueillant des jeunes à l'occasion du 1er décembre 2014, journée mondiale de lutte contre le sida.

 Retrouvez la suite de l'article :

http://leplus.nouvelobs.com/contribution/956519-.html


L’affiche du concours VIH Pocket Films 2013 : https://www.sidaction.org/e_img/chapitres/affiche_vihpocketfilms_2013.jpg