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07/03/2013

« Les grandes plaidoiries des ténors du barreau » tome 2 quand les mots peuvent tout changer de Matthieu Aron – Editions Jacob-Duvernet

 

« Plaider aujourd’hui, c’est souvent partir au combat au nom d’un individu, mais aussi de la collectivité ou de l’intérêt général.»

Ils s’appellent Bourdon, Garbarini, Lemaire, Malka, Mécary, Mignard, Morice, Moser,   Saint-Pierre, Soulez Larivière ; leurs noms claquent dans les prétoires et y résonneront encore longtemps, comme ces mots qu¹ils savent si bien ciseler pour défendre une cause ou réveiller les consciences.

 

Matthieu Aron fait revivre leurs plaidoiries dans ce deuxième tome des Grandes plaidoiries des ténors du barreau. Il s’agit d’une retranscription unique. Dans la justice, la procédure étant orale, les débats ne sont pratiquement jamais enregistrés et les mots s’envolent. L’auteur, chroniqueur judiciaire depuis près de 20 ans, a pu, en s’appuyant sur ses notes d’audiences, reconstituer les plaidoyers vibrants de ces ténors du barreau.

Plaider en 2013, c’est être au cœur  du monde, au cœur  de la société, de ses bouleversements, de ses évolutions, de ses drames.  C’est l’obligation pour les avocats d’adopter une argumentation qui dépasse largement les normes juridiques, qui bouscule les inerties et les blocages politiques ou culturels.

Matthieu Aron, journaliste, est directeur de la rédaction de France Inter. Il est spécialisé dans la couverture des grandes enquêtes criminelles et judicaires.

EXTRAIT

 « […] De quoi nous parle-t-on ici ? Du sacré, de la religion et des objets de vénération. J’ai tout à coup l’impression d’être transporté au Vatican devant un tribunal ecclésiastique, je vais me reconvertir et faire du droit canon. Comment peut-on demander à un tribunal républicain qu’il instaure une protection pour le sacré, le religieux, les objets de vénération cultuelle ? Cela voudrait dire quoi ? Cela voudrait dire que plus jamais nous ne pourrions faire une caricature de Mahomet, plus jamais une caricature de Dieu ! Vous êtes les Messieurs Jourdain du blasphème, vous demandez son rétablissement sans le savoir. C’est la définition même du blasphème : l’interdiction de la critique de la religion. […] ».

Extrait de la plaidoirie prononcée par Richard Malka, avocat de Charlie Hebdo, lors du procès des caricatures.

« Coutumes et droit héraldiques de l’église» de Bruno Bernard Heim – Editions Beauchesne

« Coutumes et droit héraldiques de l’église» de Bruno Bernard Heim – Editions Beauchesne

Quand les blasons en disent beaucoup sur l'Église.

Tout savoir sur le "marketing pontifical". La Montagne du 26 février 2013

 

L'image du pape, ce sont ses armoiries. Le pape ne choisit pas son portrait, ni ses vêtements liturgiques, très codifiés. Il choisit en revanche son blason, dans les premières heures de son pontificat. Jean-Paul II avait des armoiries polonaises (couleurs, et disposition) et mariales (le M de Marie au pied de la croix décentrée). Benoît XVI a des armoiries à la fois bavaroises (ours de saint Corbinien et tête de Maure de l'archevêché de Munich-Freising) et augustiniennes (coquille avec laquelle l'enfant essaie de mettre la mer dans un trou : projet aussi immense que d'essayer de connaître Dieu). Les observateurs seront attentifs aux armoiries choisies par le prochain pape en mars 2013 : timbrées d'une mitre ou d'une tiare, elles seront le programme, la "marque" de son pontificat. Mais il faut des clefs pour comprendre ce code. Or les éditions Beauchesne viennent de republier un ouvrage devenu classique mais introuvable, "Coutumes et droit héraldiques de l'Église", dû à la plume Mgr Bruno Bernard Heim. Après une éclipse (au moins en France) depuis la fin des années 1960, le blason ecclésiastique connaît un regain d’intérêt logique dans une société où l’image et la marque revêtent une grande importance. À la fois canoniste et artiste, Mgr Heim se fait ici à la fois descriptif et prescriptif ; l’ouvrage s’adresse donc aux historiens, aux amateurs de blason, d’art et d’histoire ecclésiastiques comme aux clercs de toutes confessions chrétiennes désireux d’imaginer des armoiries adaptées aux besoins de communication du XXIe siècle, mais composées dans les règles de l’art.
Cette réédition est précédée d'un texte d'Édouard Bouyé, spécialiste de l'héraldique ecclésiastique, intitulé "L'Église en armes". Ce texte donne des clefs pour décrypter l'héraldique actuelle des papes et des cardinaux, vrai "marketing pontifical".

Mgr Bruno-Bernard HEIM, né en Suisse en 1911, soutint à Rome en 1947 une thèse de droit canon sur les coutumes héraldiques dans l’Église catholique. Publié en français en 1949, ce classique a fait de ce diplomate du Saint-Siège, mort en 2003, le spécialiste du blason ecclésiastique dans la seconde moitié du XXe siècle.

« 96 Heures. Un commissaire en garde à vue » de Christophe GAVAT - Editions Michalon

 

En octobre 2011, des policiers lyonnais et grenoblois, dont le commissaire de police Christophe Gavat, alors chef de la PJ de Grenoble, sont placés en garde à vue pendant quatre jours (96 heures) et mis en examen pour « association de malfaiteurs », « trafic de stupéfiants », « détournement de scellés » et « vol en réunion » ; dans le cadre de « L’affaire Neyret ». L'Inspection générale des services (IGS) suspecte les policiers d'avoir détourné de la drogue, sur ordre de leur supérieur le commissaire divisionnaire Michel Neyret, numéro deux de la Police Judiciaire de Lyon, afin de rétribuer des indicateurs. Entre ces quatre murs, face à lui-même, Gavat n’est plus celui qui interroge. Les rôles se sont inversés. Pendant ces 96 heures, il fait le bilan de ses 25 ans de carrière.


Un monologue intérieur, sur le boulot de flic où se mêlent anecdotes et réflexions sur le quotidien : il faut côtoyer sans cesse la mort, celle des victimes, celle du collègue qui se suicide et celle du voyou qu’on a dû descendre. Il raconte la vie de famille réduite à peau de chagrin, la règle de l’oubli immédiat et nécessaire, les rencontres étonnantes, le mépris de certains, l’admiration d’autres. Il explique les violences subies en permanence, les missions ingrates, les tentations, la ligne jaune à ne pas franchir, les injustices quand le flic devient bouc émissaire, la complexité du système judiciaire, les vices de procédure, les enquêtes, le rôle des informateurs, les planques, les filatures, les rapports. La garde à vue et la mise en examen vécues par Christophe Gavat sont des fils rouges : il évoque les conséquences désastreuses de ces mesures, la suspicion immédiate et injustifiée des flics de la Police des Polices, l'attitude sans concession du juge etc.

Un document exemplaire sur la prise de conscience par un commissaire de police des dérives et des paradoxes de l’institution judicaire qu’il a servie pendant 25 ans. Il met en exergue les carences et paradoxes du métier de policier et des relations police / justice / média et politique.

Christophe Gavat, 46 ans, issu d’une famille lyonnaise, est entré dans la police en 1988 au grade d’inspecteur. (Lieutenant). Il a réussi le concours interne de commissaire de police en 2002. Au cours de ses 25 ans de carrière, il a exercé en Seine Saint Denis, à Paris, à Lyon, Cannes, Perpignan et Grenoble. A la suite de ‘’l’affaire Neyret’’, il a quitté la Police Judiciaire et a obtenu d’être muté en Guyane française, où il occupe le poste de directeur départemental adjoint de la police aux frontières à Cayenne.