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20/02/2013

Le coup de griffe de la semaine de Jacques Draussin directeur du magazine Bien sûr santé

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour parler sécu et santé

« La vérité sur le cholestérol », le nouveau pavé dans la mare du Pr Philippe Even

 

Philippe Even, pneumologue et coauteur avec Bernard Debré du Guide des 4 000 médicaments utiles, inutiles ou dangereux, avait passé à la sulfateuse la pharmacopée française. Il récidive en publiant le 21 février prochain une déclinaison de son best-seller, un livre intitulé « La vérité sur le cholestérol », consacré aux statines, (trop) prescrites en France à quelque 5 millions de personnes pour faire baisser leur taux de cholestérol et prévenir les risques cardiaques. Des extraits de cet ouvrage de 378 pages sont publiés dans Le Nouvel Observateur du 14 février. Avec un gros tirage et la surface médiatique de son auteur… "tous les ingrédients sont réunis pour nourrir une nouvelle polémique", constate le Journal du dimanche. Le JDD remarque que "si la guerre du cholestérol aura bien lieu, elle a, en réalité, commencé il y a longtemps. En 2005, une étude de l'Assurance maladie relevait déjà une coûteuse surprescription des statines en France. Depuis 2007, le Dr Michel de Lorgeril, chercheur à Grenoble et blogueur, prêche en solitaire pour dénoncer la plus grande arnaque de la médecine scientifique". Selon lui "le cholestérol n'est pas une maladie" mais une "invention" destinée à générer peur et profits (un gouffre financier d'environ deux milliards d'euros pour la Sécu selon l'estimation de Philippe Even).

 

 

 

 L'auteur vient de passer au crible les essais cliniques sur les statines et dit déceler "une manipulation à grande échelle". Le journal donne également la réaction du Pr Michel Galinier, chef de service au CHU de Toulouse, qui "s'inquiète de voir, depuis la publication du Guide Even en septembre dernier, des patients bouder les statines". Pour Le Figaro, "le Pr Philippe Even a frappé fort. Trop peut-être. Car à l'évidence, «sa» vérité n'est pas celle de la majorité des spécialistes de l'athérosclérose. En moins de 24 heures, tous ceux qui sont intervenus dans les médias se sont élevés contre une théorie jugée dangereuse pour la santé publique". Le journal note que "la divergence d'analyse ne porte pas à la marge mais sur le cœur de la thèse de l'ouvrage". Pour le médiatique pneumologue, "le cholestérol est sans danger, les statines ne servent à rien et l'infarctus ne tue guère après 75 ans". Et si les médecins ne s'en sont pas rendu compte c'est par "ignorance, très générale, mais particulièrement des cardiologues, hommes d'action plutôt que biochimistes, de ce qu'est le cholestérol".

 


La réaction des pouvoirs publics ne s'est pas faite attendre. La HAS a fait paraître un communiqué dans lequel elle prend la défense des statines. Elle reconnaît que dans le cas d'une hypercholestérolémie non familiale isolée, leur intérêt n'a pas été démontré. En revanche, en prévention secondaire, c'est-à-dire après un AVC, un infarctus…, son bénéfice est indiscutable, et qu'en prévention primaire elles doivent être réservées aux personnes à haut risque (diabète, HTA, tabagisme…). La HAS reconnaît par ailleurs, un certain mésusage des statines en France, notamment un recours abusif en prévention primaire et en même temps un défaut de prescription chez les patients qui en auraient besoin.

 


Alors que les génériques font leur apparition sur le marché des statines, le Journal du Dimanche indique pour conclure qu'une nouvelle génération d'anticholestérol est en développement. "Un futur sujet d'agacement et un best-seller dans les années 2020 pour le papy flingueur Philippe Even ?", se demande le JDD.

 

 

 

 

 

 

 

Le hit des liens les plus cliqués de la lettre 540 du 10 février 2013

 

 

 

 

3 - Liste complétant et modifiant la liste d'aptitude 2013 aux emplois de direction - (4077)

 

4 - La vidéo du reportage des Infiltrés (1:46) - Pôle-emploi, "mission impossible" - (364)

5 - Rencontre de l'intersyndicale ADD avec le Président du COMEX et le Directeur de l'UCANSS - SNADEOS CFTC  - (325)

6 - La CNAM est-elle totalement déconnectée ? - Journal international de médecine 9 février 2013 - (303)

 

 


Sources : Newsletter réalisée par Gérard Bieth - © www.annuaire-secu.com - Le portail indépendant des agents de la Sécurité sociale
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Panique sur l’information en santé !



Un ancien promoteur de la ciclosporine comme traitement du VIH et un ancien urologue alimentent, depuis plusieurs mois maintenant, avec la complicité de certains médias, une polémique sur le médicament en général et quelques molécules en particulier.


 


S’il est légitime de dénoncer les excès d’une certaine politique du médicament qui portent atteinte aux personnes et à la santé publique, ce travail ne doit pas se faire au détriment de l’éducation à la santé dont nous avons tous tant besoin.


 


D’ailleurs, des travaux indépendants, comme ceux de la revue Prescrire ou de la Cochrane Collaboration, et des recommandations scientifiques, comme celles de la Haute autorité de santé, montrent qu’une autre voie est possible.


 


Le contexte de confusion actuelle ne fait que rendre encore plus impérative l’urgence d’une réelle politique d’éducation à la santé, qui commence d’ailleurs par le fait de donner à chacun les éléments lui permettant de se mobiliser en faveur de son propre état de santé. Cela débute donc par l’information. Laquelle ne saurait se résumer à quelques actions éparses, sur des thèmes étroits, et non coordonnées entre elles.


 


Au contraire, l’information, comme première marche de l’éducation à la santé, repose sur plusieurs critères jamais mis en œuvre dans notre pays :


 

 

 

 

§
 
le périmètre, non exclusif, de nos attentes, suppose de répondre aux préoccupations sur la prévention des maladies, leurs traitements, les alternatives thérapeutiques, et les modalités de prise en charge ambulatoire et hospitalière des affections ;



§
 
l’information doit être le fait d’une autorité publique indépendante des agences gouvernementales et des pouvoirs publics, car la réception des messages par l’opinion est gravement mise en doute par les crises sanitaires successives : cela désigne la Haute autorité de santé, seule autorité indépendante dans le domaine de la santé en France depuis la loi du 13 août 2004 ;



§
 
les informations détenues par les agences sanitaires, les établissements de santé et l’assurance maladie doivent être versées, sans condition et sans ambiguité, vers l’autorité indépendante devenant l’opératrice de l’information en direction du grand public : nous n’avons que trop tardé avec des formulations hésitantes et d’ailleurs jamais opérationnelles ;



§
 
l’animation de ce pôle d’information vers le grand public doit reposer sur une approche participative autour d’une diversité d’acteurs garantissant une pluralité neutre et bienveillante des positions présentes dont celle des associations de patients, principalement concernées, et qui doivent être notablement impliquées dans la politique éditoriale du pôle d’information ainsi constitué ;



§
 
de même la production de connaissances en vue de l’information du grand public au sein de ce pôle doit revêtir une approche collaborative incluant les professionnels de santé, les chercheurs, les spécialistes de la communication et les représentants des patients : expertise scientifique comme expertise profane ;



 


 

 

 

 

§ il ne s’agit pas de faire de ce pôle d’information une sorte de Pravda enlevant toute légitimité aux autres canaux d’information en santé mais d’offrir à tous un site public indépendant de référence auquel chaque usager peut librement se confronter pour construire son attitude et sa mobilisation personnelle, en responsabilité, pour la préservation de sa santé : collectivement, nous y gagnerions tous.



 


 


 


Le statu quo n’est plus possible. La dépense correspondant à cette mission doit être prévue au budget de la Haute autorité de santé dans la prochaine loi de financement de la sécurité sociale : il s’agit de quelques millions, qui peuvent représenter beaucoup d’économies en dépenses évitées et en souffrances humaines épargnées. Un investissement dont nous ne mourrons pas, à la différence de nos concitoyens et en particulier des malades chroniques qui ne peuvent tout de même pas être des millions à douter de leurs traitements et de leurs médecins jusqu’à renoncer à se soigner dans des conditions périlleuses. Il y a comme une urgence… pour la stratégie nationale de santé.
 


 
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