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10/01/2014

RCA: le regard de Martin Ziguelé


Martin ZIGUELE

COMMENTE

la situation centrafricaine

en direct de Bangui....

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COMMUNIQUE DE PRESSE de Sommet de la CEEAC : le départ de Michel Djotodia se précise

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MARTIN ZIGUELE Président du MLPC

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Bangui : La vie tente de reprendre, une accalmie règne - RJDH


Bangui : La population approuve le déploiement de casques bleus dans le pays - RJDH


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17/10/2013

République Centrafricaine:La violence des combats atteint un niveau sans précédent



Une assistance humanitaire accrue doit être déployée de toute urgence

 
Paris - Bangui, le 16 octobre 2013 : Selon l’organisation médicale Médecins Sans Frontières (MSF), des dizaines de milliers de villageois ont fui une nouvelle vague d’attaques et d'exécutions sommaires - perpétrées tant par des groupes armés que par des forces gouvernementales - dans le nord-ouest du pays. Plus de 30 000 déplacés seraient sur Bossangoa et des milliers d’autres dans les environs. Ils vivent désormais tous dans des conditions précaires avec peu ou pas d’abris ni de sanitaires, ni de nourriture ni d’eau potable. MSF appelle tous les groupes armés à respecter la sécurité des civils, ainsi que du personnel médical et humanitaire. Elle exhorte également à déployer une aide d’urgence accrue dans la zone concernée.
 
‘’A Bossangoa, au cours du mois dernier, nous avons soigné plus de 60 personnes, la plupart de leurs blessures étaient dues à des armes à feux ou des coups de machette, parmi eux il y avait des femmes et des enfants’’, déclare Erna Rijinierse, chirurgienne à MSF. ‘’Plus de 80% des interventions chirurgicales que nous menons sont liées au conflit. Nous sommes très choqués par ce à quoi nous assistons : des villages brulés, des meurtres…’’ Ceux qui fuient ont désespérément besoin d’aide, mais aussi de la protection que peut leur apporter la présence d’organisations humanitaires.’’
 
De nombreux témoignages de violences liées aux divisions religieuses ont également été directement rapportés à MSF comme l’exécution - par des hommes armés - de huit personnes après qu’elles aient été séparées d´un groupe qui tentait de fuir à bord d’un camion, ou encore l’assassinat ciblé de deux hommes dans un village ce qui a incité nombre de villageois de la même confession à s’enfuir.
 
Dans ce climat de peur et de violence généralisées, les gens fuient dans la brousse ou bien se regroupent en quête de plus de sécurité. A Bossangoa, ils seraient 28 000 à avoir trouvé refuge au sein de la mission catholique, ce qui dépasse de très loin la capacité d’accueil du site. 1 200 personnes sont en ce moment regroupées dans un hôpital dont la moitié de l’enceinte a de fait été transformée en camp de fortune ; 1 000 vivent près d’une piste d’atterrissage et 400 autres se sont installées dans une école. Alors que la saison des pluies se poursuit, ceux qui vivent en brousse dont dangereusement exposés au risque de contracter le paludisme, première cause de mortalité en RCA.
 
Selon Ellen Van der Velden, chef de mission MSF en RCA, ‘’toutes ces personnes n’ont pas d’abris et dorment là où elles peuvent : dans les églises, les écoles ou sous les arbres. Ces familles vivent dans une grande promiscuité. Elles cuisinent, mangent, dorment, se lavent et font leurs besoins au même endroit. Ces conditions d’hygiène désastreuses accroissent de manière critique le risque d’épidémie. MSF est aujourd’hui l’une des seules ONG à travailler dans les zones du pays affectées par le conflit. Elle fournit des soins médicaux et chirurgicaux, un accès à l’eau potable et à l’hygiène, ainsi qu’un soutien nutritionnel. Mais une aide plus importante est nécessaire et doit être déployée de toute urgence.’’ Dans toutes ses structures médicales, MSF aide et soigne tous les patients, indépendamment de leur religion, affiliation politique ou autre.
 
Depuis le mois d’octobre, de violents et meurtriers affrontements ont été rapportés à Bouca et Garga, dans le nord-ouest, ainsi qu’à Mbaiki, dans le sud-ouest. Civils, comme personnels médicaux et travailleurs humanitaires ont tous été victimes de violences physiques. MSF a ainsi été directement témoin de l’exécution d’un personnel médical ainsi que de multiples attaques violentes à l’encontre du personnel humanitaire. A Bouca, l’organisation continue de porter secours à 400 familles vivant dans un site de regroupement depuis l’incendie de leurs maisons en septembre dernier. Si cette instabilité devait perdurer, l’accès aux soins pour les populations affectées par le conflit – et déjà rudement éprouvées – sera dangereusement compromis.


 
En savoir plus
 
La RCA a connu des décennies d’instabilité politico-militaire qui ont fait de ce pays, aujourd’hui,  un contexte d'urgence humanitaire et sanitaire chronique. Suite au coup d'Etat de mars dernier, la situation s'est encore détériorée. La Séléka, coalition rebelle à la tête du coup d’Etat de mars, est devenu le gouvernement “de facto” de la RCA. Les références faites aux "forces gouvernementales" dans ce communiqué se réfèrent à la Séléka, l’ex-Seleka ou à des groupes armés affiliées à celle-ci. Depuis début septembre, de violents et meurtriers affrontements entre divers groupes armés et forces gouvernementales ont eu lieu dans différentes zones du pays.
 
Le conflit exacerbe les besoins médicaux, déjà très importants avant, y compris dans les zones les plus stables du pays. Le système de santé souffre d'un manque chronique de personnels qualifiés et la RCA compte peu de structures de santé publiques en dehors de Bangui, la capitale. Les pénuries en médicaments essentiels sont fréquentes et beaucoup de Centrafricains n’ont pas les moyens de  payer les soins et traitements. Une grande partie de la population n'a pas accès aux soins, même de base, et les taux de mortalité en RCA sont au-dessus des seuils d'urgence.
 
MSF travaille en RCA depuis 1996. Actuellement, MSF mène sept programmes « réguliers » (à Paoua, Carnot, Zemio, Boguila, Kabo et Batangafo Ndélé) et a récemment initié des activités d'urgence à Bossangoa, Bouca Bria et Gadzi. A la fin de l'année 2012, 1 300 personnes travaillaient pour MSF dans le pays. Nous soignons tous les patients se présentant dans nos structures, indépendamment de leur âge, genre, appartenance religieuse, politique ou autre.
 

14/10/2013

Intervention de Martin ZUIGUELE du 12 octobre 2013

RENCONTRE ET ÉCHANGES

SUR LA CENTRAFRIQUE

PARIS 12 OCTOBRE 2013


ALLOCUTION


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DE MARTIN ZIGUELE,

PRÉSIDENT DU MLPC ET ANCIEN PREMIER MINISTRE

 

Notre rencontre est intitulé « CENTRAFRIQUE, TERRE D’ESPOIR ». Ce thème semble à première vue incongrue, puisque l'actualité de notre pays, ainsi que son histoire sur plusieurs décades, n'autorisent non seulement pas un tel optimisme, mais inciterait plutôt au désespoir. Pour l'opinion, ici et ailleurs, l'espoir n'est aujourd’hui pas permis en Centrafrique, seul le désespoir serait raisonnable. Alors, Centrafrique terre de désespoir ou d'espoir?

Nous sommes ici en présence d’un oxymore, et comme tout corps vivant, la RCA flotte entre le désespoir et l'espoir, et il revient comme partout et toujours, en premier lieu aux filles et aux fils de ce pays de lui redonner des motifs d'espérer, puisque la dynamique de toute vie est de transformer les défis et les handicaps en opportunités.

Faisons ensemble la lecture panoramique de l'histoire de notre pays, afin de comprendre le présent pour construire l'avenir.

Sur le plan historique, la République centrafricaine était au commencement, une terre d'espérance. L'historien grec Hérodote, dans l'Antiquité définissait ce vaste territoire situé au cœur géographique de l'Afrique (l'épicentre de l'Afrique se trouvant précisément dans la ville centrafricaine de Bakala) comme le foyer des "petits hommes noirs' c'est -à-dire nos

pygmées Babingas, comme les premiers habitants de son imposant massif forestier. Des recherches archéologiques menés notamment par Pierre Vidal et Etienne Zangato dans les secteurs de Bouar prouvent une longue présence des populations sur le sol centrafricain et confirment ensuite que la RCA fut pendant longtemps une terre d''échanges et de migrations multiples, facilitées par des conditions géographiques favorables.

Cependant il est important de souligner que l'absence de grandes structures étatiques va permettre, à partir du XVIIIème siècle, le développement de la traite des esclaves. C'est ainsi qu' aux environs de 1820, le peuple Gbaya, pourchassé dans le nord -ouest du Cameroun par les Foulbé de l'Adamawa s'établit sur le sol centrafricain, tandis vers 1825 , le peuple Mandjia s'établit au nord de l'Oubangui. A l'Est, sous la poussée esclavagiste arabe , le peuple Banda émigra du Fertit vers le sud et l'ouest du pays, alors que dans le sud est du pays, vers 1850 , la nation Zandé atteint son apogée avec les sultanats de Rafai, Bangassou et Zemio. Vers la fin du XIXème siècle, le pays sera victime de brutales épidémies de variole qui décimèrent ses habitants et ont fait fuir les survivants. À la même époque, le conquérant arabe soudanais Rabah, entreprendra de bâtir un vaste Empire esclavagiste au Tchad et dans le nord du pays. Il est vaincu par les Français en 1900, mais la traite saharienne ne sera définitivement stoppée qu'à la veille de la Première Guerre mondiale. L'histoire coloniale commencera en 1885, lorsque des explorateurs belges découvrent le fleuve Oubangui. Le territoire ainsi découvert est partagé entre la France et la Belgique de part et d'autre du fleuve qui marque ainsi la frontière entre ces deux puissances coloniales. En 1889, sur la rive droite de l'Oubangui est fondée la première ville française, Bangui, qui deviendra en 1905, la capitale de l'Oubangui-Chari, qui sera incluse en 1910, à l'Afrique-Équatoriale Française. Dès le début de la colonisation, les populations de cette région sont astreintes au portage, pour acheminer le matériel des expéditions françaises successives qui partent à la conquête du Tchad. Certains administrateurs se distinguent par leur brutalité, mais, surtout, l'Oubangui-Chari est partagé entre des sociétés concessionnaires exploitant le caoutchouc et l'ivoire, qui se chargent de sa « mise en valeur ». Ce système, générateur de tous les abus, durera, comme le portage, jusqu'aux années 1920. La colonie française de l'Oubangui-Chari fournira de nombreux soldats à la France pendant les deux guerres mondiales, et c'est de Bangui que partira le fameux "Bataillon de Marche 2", plus connu sous le nom de BM2, dans lequel s'illustrera le Lieutenant Koudoukou , tombé 'lors de la campagne d'Egypte. Entretemps, en 1921 l'Oubangui- Chari sacrifiera beaucoup de ses fils à l'occasion de la construction du chemin de fer Congo-Océan, comme pour développer la culture de l'hévéa nécessaire à l'industrie de guerre. Excédés par cette dure colonisation, les paysans de l'ouest du pays se révoltent en 1928, et ce fut la guerre de Kongo-Wara, qui ne sera définitivement matée qu'en 1934.

C'est cet Oubangui- Chari, initialement terre de refuge, puis terre de dures souffrances, qui deviendra dans ses seules frontières coloniales la République Centrafricaine le 1er décembre 1958 sous l'impulsion de son illustre fils, feu le Président Barthélémy Boganda. Faut-il rappeler que Boganda s'est résolu à cette situation parce que ses pairs de l'ancienne AEF(Congo Brazzaville, Gabon, Tchad et Oubangui- Chari) ne voulaient pas d'une fédération, qui plus tard devait englober le Congo Belge et l'Angola dans "Les Etats-Unis de l'Afrique Latine".

Barthélémy Boganda disparaîtra dans un accident d'avion le 29 mars 1959, et la RCA deviendra indépendante, sans lui, le 13 août 1960. On l'a vu, le pays est né dans le drame, sans son père fondateur, et cette disparition prématurée de cette figure historique ouvrira la voie à une bataille des héritiers qui se dénouera par l'éviction de Abel GOUMBA, par David Dacko, qui sera à son tour renversé par Jean- Bedel Bokassa le 1er janvier 1966.

Jean- Bedel Bokassa, de manière volontariste, a relancé l'économie du pays, en se basant sur l'agriculture, avec des succès probants. Bâtisseur dans l'âme, le pays a commencé à se transformer sur tous les plans: édifices publics, routes, ponts, agriculture, Bokassa faisait avancer le pays à marches forcés. Cependant sur le plan institutionnel, Bokassa a renforcé son pouvoir personnel au point de s'autoproclamer empereur. Sa chute en septembre 1979, s'est suivi en septembre 1980 d'un Séminaire National de réflexion qui décidera de l'instauration du multipartisme intégral, dans une Afrique majoritairement monopartisan. Cette brève lueur d'espoir sera brisée par des lendemains électoraux électriques, qui feront le lit du retour de l'armée au pouvoir en septembre 1981.

Ce n'est qu'à la faveur de La Baule que le multipartisme sera restauré en RCA en 1992, et conduira à des élections ouvertes en 1993, remportées par le MLPC, marquant ainsi la première alternance démocratique dans le pays depuis l'indépendance. Mais le nouveau pouvoir affrontera tout de suite de grandes difficultés de tous ordres, qui se solderont par la prise du pouvoir le 15 mars 2003 par François BOZIZE, suite à une rébellion militaire sanglante et destructrice. François BOZIZE sera à son tour renversé le 24 mars 2013 par l'ex-coalition rebelle Séléka, conduite par Michel DJOTODJIA, qui est Chef d'Etat de la transition actuelle. La situation aujourd'hui est caractérisée par une crise binaire, sécuritaire et humanitaire, de très grande ampleur, qui renforce les inquiétudes de tous sur le cas centrafricain. Chacun de nous est interpellé, d'abord nous centrafricains, mais aussi les amis de notre pays.

 

Le cheminement de la RCA à travers son histoire n'a pas été une sinécure, jusqu'à ce jour. La question que tout le monde se pose et nous pose, est celle de savoir s'il y a des motifs

d'espérer, devant une tel tableau. On se demande si le désespoir n'est pas plus raisonnable devant cette histoire difficile, devant cette marche erratique...Et de rappeler, pour conforter cette vision qu'aujourd’hui, après cinquante trois (53), la République Centrafricaine est toujours engluée dans une instabilité politico-institutionnelle cyclique et chronique, empêtrée dans une situation économique catastrophique, et plongée dans une insécurité généralisée, qui est récurrente sinon permanente. Sur le plan économique, le Centrafrique, est l'un des pays les plus pauvres du monde avec un indice de développement humain-IDH de l’ordre de 0,343, ce qui le classe au 179e rang sur 187 pays évalués.

On nous demande sans cesse: quelles sont les causes de cette situation singulière?

- L'héritage colonial ? la RCA n'a pas été la seule colonie en Afrique même si les crédits de développement des colonies étant épuisés , son équipement a été confié à des sociétés concessionnaires qui n'ont pas respecté leurs engagements, laissant cette colonie sans infrastructures dignes de ce nom à l'indépendance (chemins de fer, ports, ponts, routes, etc.)..

- L'absence de ressources naturelles ? Non puisque la RCA a un sous-sol très riche et varié (or, diamant, uranium, pétrole etc.), son sol très fertile grâce à une importante pluviométrie, et aussi bien sa faune que sa flore sont plus riches que celles du Kénya et de la Tanzanie.

L'analyse objective de notre marche à travers notre histoire récente, indique clairement qu'après la disparition de Barthélémy Boganda, notre pays , et notamment ses dirigeants successifs, ont systématiquement placé l'intérêt général derrière des intérêts particuliers de tous ordres. C'est la conception patrimonialiste du pouvoir politique, avouée ou inavouée, consciente ou inconsciente, qui est la cause du parcours chaotique de notre pays. Elle est à la source de la mauvaise gouvernance publique, du clientélisme sous toutes ses variantes, du refus de construire des institutions ouvertes et des contre-pouvoirs régulant le vivre ensemble, et cette situation engendre la culture de la violence en politique et dans la vie sociale. Naturellement, la gestion du pouvoir politique sans réelle vision politique à long terme légitimement acceptée par le peuple souverain creuse davantage le fossé entre les gouvernants et la population qui ne réagit plus en citoyens, révoltés par l'exclusion et l’injustice sociale pratiquées par des dirigeants patrimonialistes. Ces deux mondes- gouvernants et gouvernés- qui cohabitent plutôt que vivent ensemble, n'ont plus que la violence comme mécanisme d'alternance et de redistribution des chances, et des places. C'est ainsi que je m'explique notre situation, et naturellement le débat est ouvert.

Pourtant, il y a des motifs d'espérer, beaucoup plus de motifs d'espoir que de désespoir, malgré les contingences actuelles qui mobilisent au-dedans et en dehors du pays.

D'abord sur le plan purement factuel, la République centrafricaine dispose d'actifs qui peuvent servir de base à une stabilisation rapide de la situation économique et à sa relance

durable; en effet, grand comme la France et la Belgique réunies , la RCA est un pays de 623.000 km2. Bien qu'enclavé, les six pays qui l'entourent ( au nord, le Tchad avec qui il partage la plus longue frontière, à l'est le Soudan et le Sud-soudan, au sud les deux Congo, et à l'ouest le Cameroun) et dont certains sont en déficit alimentaire structurel, sont des clients potentiels dans le cadre d'une vigoureuse politique agricole. Faiblement peuplé, avec moins de 5 millions d’habitants, soit 8 habitants par Km2, les besoins en infrastructures collectives sont gérables

Bien sûr, pour stabiliser puis développer un pays la paix et la sécurité constituent un préalable incontournable. Face à cette crise sécuritaire et humanitaire, le travail se fait également en interne. Les autorités de la transition sont mobilisés pour ramener la sécurité sur toute l’étendue du territoire, sécuriser ainsi les populations, restaurer l’autorité de l’Etat et rassurer les opérateurs économiques. La coalition SELEKA a été dissoute, certains de ses éléments incontrôlés recherchés, arrêtés, jugés et condamnés. Les Forces Armées Centrafricaines (FACA) reprennent progressivement leurs missions et leurs positions. Enfin, il est important de souligner que l’ensemble des forces vives de la Nation, la société civile, les confessions religieuses et les partis politiques, y compris le MLPC, mon parti, œuvrent sans relâche pour une transition apaisée, concertée et consensuelle, et restent vigilants sur la protection des droits humains.

 

Ensuite, nous saluons la célérité avec laquelle notre pays a bénéficié du soutien et de l'attention de ses voisins les Etats membres de la CEEAC et de la CEMAC, puis de l’Union Africaine et de la communauté internationale dont la France, l'Union européenne et les Nations Unies.. L’assistance internationale s'est d’abord manifestée sur le plan militaire, à travers les troupes de la FOMAC, de la MICOPAX et aujourd’hui de la MISCA, pour être multidimensionnelle aujourd'hui.

Distingués invités, chers compatriotes, mesdames et messieurs,

Comme vous le savez, l’appui international dont bénéficie la République Centrafricaine aujourd'hui dépasse désormais le cadre de la sous-région d’Afrique Centrale. La France, grand ami historique du peuple Centrafricain est aux premières lignes pour soutenir le travail des autorités de la transition. Rappelons que c'est grâce au détachement militaire français Boali que l’aéroport international de Bangui M’Poko est sécurisé, permettant au pays de rester accessible de l'extérieur.

Je disais que grâce à l’action diplomatique très forte de la France, menée par le Président François Hollande lui-même, appuyé par le Chef de la Diplomatie Française Laurent Fabius, la crise sécuritaire et humanitaire en Centrafrique a été évoquée lors des travaux de la soixante huitième (68ème) Assemblée Générale des Nations-Unies du 24 au 25 septembre 2013 à New York. Le Président François Hollande, à travers son allocution devant les cent

quatre vingt treize (193) Chefs d’Etat et de Gouvernement présents, avait personnellement et fortement plaidé pour une aide massive et rapide de la Communauté Internationale en faveur de la République Centrafricaine. Ce message a très vite été entendu, puisque dès le 25 septembre 2013, en marge de l’Assemblée Générale, une réunion ministérielle avait même rassemblé la France, l’Union Européenne, l’ONU, les Etats-Unis, l’Union Africaine et les pays voisins du Centrafrique. Enfin, pour traduire sa vive préoccupation en acte, le Conseil de Sécurité de l’ONU, a adopté en date du 10 octobre 2013, un premier texte, la Résolution 2021, aux termes de laquelle, le soutien international se fera en deux temps, pour contribuer à arrêter les souffrances des populations Centrafricaines et restaurer l’ordre constitutionnel :

* Dans un premier temps, le Conseil a décidé de renforcer la MISCA (Mission internationale de soutien en Centrafrique), la force de l'Union africaine (UA) censée sécuriser le pays, avec pour perspective de la transformer éventuellement en mission de maintien de la paix des Nations Unies;

* Dans un second temps, la résolution demande aussi à l'ONU de renforcer son Bureau intégré pour la consolidation de la paix en RCA (BINUCA). Celui-ci devra aider à organiser des élections libres, équitables et transparentes et enquêter sur les exactions commises dans tout le pays. D’autres Résolutions sont annoncées par ce premier texte, pour préciser davantage les termes et les formes de l’intervention onusienne en Centrafrique. Par ailleurs, le dimanche 13 octobre 2013, Laurent Fabius, Ministre Français des Affaires Etrangères effectuera une visite de travail à Bangui.

* Il convient de souligner que la mobilisation internationale ne se limite pas seulement à une assistance militaire et politique ; elle est aussi financière puisque, hormis les Etats membres de la CEEAC et de la CEMAC notamment le Congo Brazzaville qui apportent déjà une aide financière à la RCA, Christine Lagarde, Directrice Générale du FMI, a de son côté décidé en date du 04 octobre 2013 de reconnaître, de renouer avec les nouvelles autorités de la transition en cours, et dans la foulée de les convier aux assemblées annuelles du FMI et du Groupe de la Banque Mondiale prévues du 11 au 13 octobre 2013 à Washington.

 

Vous avez donc compris que du désespoir , on peut passer à l'espoir. Pour cela nous centrafricains nous devons nous mobiliser pour la paix et la sécurité au niveau national, et bien évidemment la communauté sous-régionale, régionale et internationale doit également rester mobilisée. La conjonction des actions nationales et internationales ont pour objectif de faire face à cette crise binaire, c'est-à-dire sécuritaire et humanitaire , afin que le le retour à

l’ordre constitutionnel se fasse de manière apaisée, transparente et démocratique. Il appartient aux centrafricains de tirer les leçons de nos malheurs et de nos errements depuis la nuit des temps, pour placer l'intérêt général de notre pays avant toute autre considération, afin d' enrayer définitivement la mauvaise gouvernance qui fait le lit des conflits, de la culture de violence, de l’exclusion et de l’injustice sociales.

 

Vive le Centrafrique, la terre de Boganda

Je vous remercie et remercie tous les pays , toutes les institution internationales, toutes les ONG et toutes les bonnes volontés qui sont à nos côtés pour sauver la RCA