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14/10/2013

Martin ZIGUELE INVITE DE LA FONDATION JEAN JAURES

La principale attente des Centrafricains aujourd’hui est la sécurité. L’insécurité qui était latente depuis plusieurs années s’est très gravement dégradée depuis décembre dernier, avec le déclenchement des hostilités par la coalition rebelle Seleka qui a abouti à sa prise de pouvoir le 24 mars 2013, avec le renversement de François Bozizé.

La crise sécuritaire et humanitaire en Centrafrique a été évoquée lors des travaux de la 68ème Assemblée générale des Nations unies du 24 au 25 septembre 2013 à New York. Le président français François Hollande, à travers son allocution devant les 193 chefs d’État et de gouvernement présents, a personnellement et fortement plaidé pour une aide massive et rapide de la communauté internationale en faveur de la République centrafricaine.

Il faut souligner que, auparavant, le président Hollande avait été sollicité en ce sens par les autorités non seulement de la transition centrafricaine, mais également par celles des États membres de la sous-région d’Afrique centrale et de l’Union africaine.

Le 25 septembre 2013, en marge de l’Assemblée générale, une réunion ministérielle a même rassemblé la France, l’Union européenne, l’ONU, les États-Unis, l’Union africaine et les pays voisins de la Centrafrique. Cette assise a d’ores et déjà abouti à l’engagement des Nations unies d’agir, en deux temps, pour contribuer à mettre fin aux exactions ravageant la Centrafrique depuis le 24 mars 2013 dans le sillage de la chute du régime de François Bozizé :


NOTE n° 191 - Fondation Jean-Jaurès - 3 octobre 2013 - page 1

www.jean-jaures.org



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Martin Ziguélé*

* Président du MLPC, ancien Premier ministre de la République centrafricaine

République

de centrafricaine :

la transition,

malgré

l’insécurité


AVERTISSEMENT : La mission de la Fondation Jean-Jaurès est de faire vivre le débat public et de concourir ainsi à la rénovation de la pensée socialiste. Elle publie donc les analyses et les propositions dont l’intérêt du thème, l’originalité de la problématique ou la qualité de l’argumentation contribuent à atteindre cet objectif, sans pour autant nécessairement reprendre à son compte chacune d’entre elles.

07/03/2013

AFRIQUE CENTRALE : DÉCLARATION DU MLPC du 6 mars 2013

Près de deux mois après la signature des Accords de Libreville le Il janvier
2013, l'ensemble du processus politique visant principalement à ramener la paix
et la sécurité sur toute l'étendue du territoire national réunifié, afin de soulager
les populations civiles en détresse, est menacé par des dysfonctionnements qui
tiennent essentiellement à la mauvaise volonté de certaines forces
conservatrices,
..

Celles-ci, par des actes et des déclarations diverses, ont clairement pris l'option
de fragiliser le Gouvernement d'Union Nationale, dans le secret espoir de revenir
au statu quo ante, c'est-à - dire à la situation antérieure aux Accords de
Libreville.
Les exemples abondent: de l'insécurité dans la ville de Bangui entretenue par des
milices se réclamant ouvertement du pouvoir alors que les Accords de Libreville
ont formellement demandé aux parties signataires, dont la Majorité
Présidentielle, de dissoudre toutes les milices; la reprise d'une rhétorique de
guerre totalement aux antipodes des termes et de l'esprit des Accords de
Libreville et qui ne peut que faire le lit d'affrontements armés comme
présentement dans le nord du pays; de l'unilatéralisme des décrets présidentiels
pris en dehors des conseils de Ministres et en tout cas non contresignés par le
Premier Ministre, Chef du Gouvernement; du refus de certains agents de l'Etat
d'obéir à leurs ministres; de l'interdiction "manu militari" faite au Ministre de la
Communication d'accéder à la station de la Radio d'Etat qui est pourtant sous sa
tutelle; du blocage de toutes natures du fonctionnement de l'appareil d'Etat, et
enfin de la déperdition organisée des recettes fiscales de l'Etat.
A ce point, le MLPC affirme que sans une intervention forte des Chefs d'Etat de
la Communauté Economique des Etats de l'Afrique Centrale (CEEAC) et sans
une impulsion robuste donnée par la Médiation, le processus de reconstruction
de notre pays risque de s'enliser et de tourner court.
1
Le prix de cet échec sera d'abord payé par notre peuple qui a déjà trop souffert
depuis près de dix ans de troubles majeurs à sa sécurité. En cherchant de
manière délibérée et orchestrée à faire échouer et à disqualifier l'issue politique
patiemment élaborée par de bonnes volontés nationales et internationales pour
faire face à la grave crise qu'a connue notre pays, les forces conservatrices à
l'oeuvre contre le Gouvernement d'Union Nationale prennent la très lourde
responsabilité de remettre à l'ordre du jour de nouveaux affrontements guerriers
et une recrudescence de l'insécurité sur tout le territoire centrafricain.
C'est pourquoi, le MLPC appelle solennellement et très respectueusement
aujourd'hui les Chefs d'Etat et de Gouvernement de la CEEAC à se réinvestir en
urgence dans le dossier centrafricain et à compléter l'accord obtenu grâce à eux
le Il janvier 2013 à Libreville par une série de décisions qui permettraient
d'obtenir les résultats suivants:
- la dissolution effective de toutes les milices, notamment dans la capitale, et de
redonner effectivement le monopole de la restauration de la loi et de l'ordre aux
Forces de Défense et de Sécurité, qui doivent rester sous le contrôle du pouvoir
politique et non d'un parti politique ou d'un clan particulier;
- la récusation de tout oukase sur les nominations des responsables civils et
militaires de l'Etat, et de réaffirmer le droit pour tous les membres du
Gouvernement d'Union Nationale à choisir leur cabinet en accord avec le
Premier Ministre, Chef du gouvernement;
- le respect du principe républicain selon lequel les nominations au sein de
l'appareil d'Etat doivent faire l'objet d'un consensus entre le Président de la
République chef de l'état et le Premier Ministre, Chef du gouvernement;
- le réaménagement technique du gouvernement pour faire justice aux
différentes plaintes émanant des composantes du Gouvernement d'Union
Nationale, et faciliter la poursuite de l'objectif essentiel qui est la réalisation du
cahier des charges défini par les Accords de Libreville;
- la réitération des engagements de toutes les parties, notamment ceux portant
sur une politique appropriée de développement du Nord-est de notre pays et un
processus de Désarmement- Démobilisation et Réinsertion(DDR) responsable et
généreux;
-l'appui sans réserve au processus de reconstruction de l'appareil d'Etat sur
l'ensemble du territoire qui passe nécessairement par un travail interministériel
intense coordonné par le Premier Ministre, Chef du gouvernement dont l'autorité
doit être reconnue par toutes les parties. Cet objectif ne peut être atteint dans une
démarche délibérée et entretenue de division accrue et d'insubordination de
2
l'appareil d'Etat.
Le MLPC tient à réaffirmer son soutien politique total et sans réserve au
processus politique en cours, au Gouvernement d'Union Nationale, et au Premier
Ministre, Chef du Gouvernement, en ces moments délicats pour la survie de
notre pays.
La légitimité du Gouvernement d'Union Nationale étant issu des Accords de
Libreville parrainés par la CEEAC, avec le soutien politique constant de l'Union
Africaine (UA), de l'Union Européenne(UE), de l'Organisation Internationale de
la Francophonie (OIF) et de l'Organisation des Nations-Unies (ONU), le MLPC
redit avec force que seule une implication urgente et renouvelée des chefs d'Etat
de la CEEAC dont les initiatives heureuses de décembre 2012 et janvier 2013
ont évité à la République centrafricaine de basculer dans le chaos, appuyée par
la communauté internationale, permettra d'avancer dans cette voie de la
réunification, de la pacification et de la stabilisation de notre pays, et à terme de
redonner la parole et sa fierté au peuple centrafricain meurtri, divisé et
déboussolé.
Fait à Bangui, le C n~4 e~jJ
Pour le Bureau Politique
Le Président
Martin ZIGUELE