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18/11/2014

RCA :Conclusions de la 6ème réunion du Groupe international de contact sur la République centrafricaine

Conclusions de la 6ème réunion du Groupe international de contact sur la RCA

 

 

CONCLUSIONS

 

 

1.      Le Groupe international de contact sur la République centrafricaine (GIC?RCA) a tenu sa 6ème réunion à Bangui, le 11 novembre 2014, sous la coprésidence de M. Basile Ikouebe, Ministre des Affaires étrangères et de la Coopération de la République du Congo, et de l’Ambassadeur Smaïl Chergui, Commissaire à la Paix et à la Sécurité de l’Union africaine (UA). La liste des pays et organisations  ayant pris part à la réunion figure en bas de page.[1]



[1] Afrique du Sud, Allemagne, Algérie, Angola, Burundi, Cameroun, Chine, République du Congo, République démocratique du Congo, États-Unis d’Amérique, France, Géorgie, Guinée équatoriale, Japon, Luxembourg, Nigéria, Royaume-Uni, Russie, Saint-Siège, Soudan, Tchad et Turquie, Banque mondiale, CEEAC, CICR, FMI, HCR, Nations unies, OCI, OCHA, OIF, ONUSIDA, PNUD, UA et USAID

1.      La cérémonie d’ouverture a été marquée par les allocutions prononcées par le chef de l’État de Transition, Mme Catherine Samba-Panza ; le Commissaire à la Paix et à la Sécurité de l’UA; le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies et chef de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en RCA (MINUSCA); le Représentant du Secrétaire général de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC); le Ministre des Affaires étrangères et de l’Intégration africaine de la République du Tchad, au titre de la présidence en exercice de la CEEAC; et le Ministre des Affaires étrangères et de la Coopération de la République du Congo.

 

1.      Les participants ont relevé que la 6ème réunion du GIC-RCA s’est tenue après la réunion de haut niveau sur la RCA organisée sous les auspices du Secrétaire général des Nations unies à New York, le 26 septembre 2014, et qu’elle sera suivie, les 24 et 25 novembre 2014, à Ndjamena, du 16ème Sommet ordinaire de la CEEAC, qui examinera la situation en RCA.  Ils ont saisi cette occasion pour réitérer leur gratitude à l’ensemble des dirigeants de la région, en particulier les Présidents Idriss DébyItno de la République du Tchad, Président en exercice de la CEEAC, et Denis SassouNguesso de la République du Congo, Médiateur dans la crise centrafricaine, pour leur engagement continu. Ils ont exhorté les acteurs centrafricains à prendre pleinement avantage de cette mobilisation internationale pour accélérer le processus de sortie de crise en RCA.

 

1.      Les participants ont  examiné l’évolution de la situation en RCA depuis la 5ème réunion du GIC-RCA, tenue à AddisAbéba, le 7 juillet 2014, sur la base des communications faites par le Premier ministre de la RCA et d’autres membres de sa délégation, des présentations faites par les Représentants spéciaux en RCA de l’UA, des Nations unies et de la CEEAC, les représentants de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI), et ce au nom du Groupe de coordination pour la préparation et le suivi des réunions du GIC-RCA (G8-RCA), ainsi que des interventions de différents autres acteurs internationaux impliqués dans la gestion de la crise centrafricaine.

 

 

 

                    I.            Sur les questions de sécurité et de justice

 

1.      Les participants ont relevé que la 6ème réunion du GIC-RCA a eu lieu un peu moins de deux mois après le transfert réussi d’autorité entre la Mission internationale de soutien à la Centrafrique sous conduite africaine (MISCA) et la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en RCA (MINUSCA). Ils ont félicité la MISCA pour le travail accompli, avec le soutien de l’Opération Sangaris et de l’Opération EUFOR-RCA, qui a permis de mener à bien la phase initiale de stabilisation de la situation en RCA. Ils ont exprimé leur appréciation à l’UA et aux Nations unies pour avoir assuré une transition harmonieuse. Les participants ont affirmé leur soutien à la MINUSCA dans la mise en œuvre de son mandat, conformément à la résolution 2149 (2014) du Conseil de sécurité. Ils ont encouragé les Nations unies à poursuivre et à accélérer les mesures en cours en vue de la montée en puissance rapide de la Mission. Ils ont lancé un appel pour la mobilisation de tout le soutien dont la MINUSCA a besoin, afin qu’elle puisse s’acquitter effectivement de son mandat sur toute l’étendue du territoire national.

 

1.      Les participants ont noté qu’en dépit des améliorations enregistrées, la situation sécuritaire reste précaire, ainsi qu’en témoignent les incidents survenus à Bangui au cours du mois d’octobre 2014.  Ils ont fermement condamné les actes de violence qui ont été commis et les attaques dirigées contre la MINUSCA, encourageant la Mission, dans le cadre de son mandat, à prendre toutes les mesures jugées nécessaires en vue de la protection effective de la population civile et de la restauration définitive de la sécurité. Ils ont  mis en garde les fauteurs de troubles, et souligné que ces derniers seront tenus responsables de leurs actes, conformément au régime de sanctions prévues par les résolutions 2127 (2013), 2134 (2014) et 2149 (2014) du Conseil de sécurité, ainsi qu’aux communiqués pertinents du Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’UA. Ils ont exhorté les autorités centrafricaines à traduire devant les juridictions nationales et internationales compétentes les auteurs de ces actes criminels.

 

1.      Les participants ont rappelé aux signataires de l’Accord de cessation des hostilités signé le 23 juillet 2014 l’importance que revêt la mise en œuvre dudit Accord pour garantir une sortie de crise consensuelle en RCA. Ils ont, en particulier, appelé à l’application des articles 4 et 8 dudit Accord, notamment le Mécanisme de suivi des Conclusions de Brazzaville, ainsi que le regroupement de tous les ex-combattants et éléments armés des groupes signataires. À cet effet, ils ont lancé un appel aux partenaires bilatéraux et multilatéraux pour qu’ils contribuent à l’opérationnalisation dudit Mécanisme dans les meilleurs délais. Ils ont demandé à la Médiation internationale d’aider à la conclusion rapide d’un accord sur le désarmement des groupes armés.        

 

1.      Les participants ont noté avec satisfaction les efforts des autorités de  transition, avec l’appui de la communauté internationale, visant à la reprise du fonctionnement du système judiciaire, afin de combattre l’impunité. À cet effet, et conformément  à la résolution 2149 (2014), ils se sont réjouis de la signature, en août 2014, du  Protocole d’accord sur les mesures temporaires d’urgence, qui prévoit notamment la création d’une Cour pénale spéciale chargée d’enquêter, d’instruire et de juger les crimes graves commis en RCA. Ils ont  demandé la mise en œuvre dudit Protocole sans délai.

 

1.      Les participants ont rappelé que la stabilisation de la situation sécuritaire relève d’abord et avant tout de la responsabilité des acteurs centrafricains. À cet égard, ils ont réitéré leur appel à toutes les parties, notamment les responsables des ex-Séléka et des anti-Balaka, ainsi qu’à tous les autres groupes armés signataires de l’Accord de cessation des hostilités de Brazzaville, à reprendre la voie du dialogue, qui est la seule issue viable vers  une réconciliation et une paix durables, en même temps qu’elle constitue une condition essentielle  à la mise en œuvre réussie du mandat de la MINUSCA, avec le soutien des forces internationales.  Ils se sont félicités des consultations entreprises par le Gouvernement, appuyé par le G8-RCA, avec les différentes tendances des ex-Séléka, et ont demandé que des consultations similaires soient entreprises avec les anti-Balaka. 

 

1.      Les participants ont souligné le rôle important que doivent jouer les forces de sécurité intérieure centrafricaines (gendarmerie et police) dans le rétablissement de la sécurité, en coordination avec la MINUSCA. Ils ont appelé au renforcement de leurs capacités et à leur professionnalisation dans les plus brefs délais possibles. Ils ont, à nouveau, demandé aux autorités centrafricaines d’engager au plus tôt le processus de refonte des Forces armées centrafricaines (FACA), en vue de mettre en place une armée professionnelle, équilibrée et représentative, y compris l’adoption de mesures d’absorption des éléments des groupes armés répondant à des critères de sélection rigoureux, ainsi que d’autres mesures concernant la reconversion d’une partie des FACA. À cet effet, les participants ont lancé un appel à la communauté internationale pour un accompagnement harmonieux et concerté de la réorganisation progressive des FACA, y compris à travers des mesures de formation et de conseil, comme celles mises en œuvre par l’Union européenne (UE) au Mali et en Somalie - (EU/Training Mission) 

 

                  II.            Sur le plan humanitaire

 

1.      Les participants se sont dits préoccupés par l’état précaire de la situation humanitaire en RCA, et ont condamné sans équivoque les violations graves du droit international humanitaire et du droit international des droits de l’homme, notamment l’utilisation de civils, femmes et enfants comme boucliers humains par les groupes politico-militaires, ainsi que les attaques et pillages visant les personnels humanitaires et leurs biens.

 

1.      Les participants se sont dits préoccupés par l’impact de l’insécurité sur l’accès des humanitaires aux populations vulnérables. Ils ont lancé un appel aux autorités de transition et aux forces internationales pour promouvoir le respect de l’espace humanitaire en RCA. Ils ont, en outre, lancé un appel aux groupes armés pour qu’ils cessent les violences contre les humanitaires et les civils, et n’entravent pas l’accès des humanitaires aux populations civiles, dans le respect du droit international humanitaire.

 

1.      Les participants ont noté avec satisfaction les efforts déployés par les acteurs humanitaires, et réitéré leur appréciation aux pays voisins qui accueillent encore environ 420 000 réfugiés centrafricains. Ils ont lancé un appel pressant à la communauté internationale en vue de la mobilisation de ressources additionnelles, notant à cet égard qu’un montant total de  229 millions de dollars est requis pour couvrir les besoins identifiés dans le cadre  du Plan de réponse stratégique 2014 visant à pallier la crise humanitaire. 

 

1.      Les participants ont instamment demandé aux autorités de transition de créer les conditions propices au retour des personnes déplacées et réfugiées, au renforcement des capacités de prise en charge des services sociaux de base, et au maintien des projets spécifiques en faveur des femmes et des enfants. Dans ce contexte, ils ont demandé que des efforts plus soutenus soient déployés par tous les acteurs concernés, y compris le Gouvernement de transition et les agences humanitaires, pour créer les conditions du démantèlement du camp de déplacés se trouvant actuellement à l’aéroport international de Bangui et trouver une solution durable pour les populations concernées. Ils ont exprimé le souhait que cet objectif puisse être réalisé avant la prochaine réunion du GIC-RCA.  Les participants ont également demandé que des dispositions urgentes soient prises pour décloisonner et sécuriser le PK 5 à Bangui.  

 

                III.            Sur les questions politiques et le processus électoral

 

1.      Les participants ont salué la tenue, du 21 au 23 juillet 2014, du Forum de Brazzaville.   Ils ont réitéré leur appréciation à la Médiation internationale dirigée par le Président Denis SassouNguesso de la République du Congo et comprenant M. SoumeylouBoubeyeMaiga, au nom de l’UA, et Abdoulaye Bathily, au nom des Nations unies, ainsi que la CEEAC en tant que rapporteur, et l’ont encouragée à poursuivre son action. Ils ont souligné la nécessité pour les acteurs centrafricains de redoubler d’efforts, afin d’assurer le suivi effectif des Conclusions du Forum de Brazzaville.

 

1.      Les participants ont pris note de la formation du Gouvernement de transition, le 22 août 2014. Ils ont instamment demandé à toutes les composantes de la nation centrafricaine d’agir dans l'intérêt supérieur de leur pays, en assurant la cohésion entre les institutions de transition, et à travailler résolument à la mise en œuvre de la Feuille de route de transition. Dans ce contexte, ils se sont réjouis de la volonté des autorités de transition d’orienter l’action de l’État vers la restauration de la sécurité comme préalable au succès du dialogue inclusif et de réconciliation, ainsi qu’au bon déroulement des élections.

 

1.      Les participants ont pris acte de la suggestion faite à la classe politique centrafricaine de jumeler les phases 2 et 3 du processus politique. Conformément aux Conclusions de la 5ème réunion du GIC-RCA, ils ont demandé au Gouvernement de transition d’organiser, au plus tard en janvier 2015, le Forum de Bangui. Ce Forum devra s’articuler autour des questions suivantes: dialogue, vérité, justice, lutte contre l’impunité et réconciliation nationale; aspects sécuritaires, y compris le DDR et la RSS, ainsi que l’utilisation d’enfants soldats; les principes généraux devant guider l’élaboration de la nouvelle Constitution et les questions électorales; la gouvernance et l’assistance aux populations affectées. 

 

1.      Afin de garantir la tenue du Forum de Bangui dans les meilleurs délais et conditions, les participants ont demandé la mise en place par le Gouvernement de transition d’un Comité préparatoire, chargé, en concertation étroite avec la Médiation internationale et avec l’appui du G8-RCA, de la préparation dudit Forum, y compris les aspects relatifs à la participation, qui doit être la plus inclusive que possible. Ils se sont félicités de la volonté du Gouvernement de transition d’organiser un dialogue au niveau des préfectures à travers les Ministres résidents, notamment à l’occasion de la Fête nationale de l’Indépendance, le 1er décembre 2014. Ils ont demandé aux membres du GIC-RCA de contribuer au financement du Forum de Bangui et à la mobilisation de l’expertise requise.

 

1.      Les participants ont pris note du fait que l’échéance électorale de février 2015 n’est plus techniquement tenable. À cet égard, et conformément à l’article 102 de la Charte constitutionnelle de transition, ils ont demandé au Médiateur international dans la crise centrafricaine, le Président Denis SassouNguesso, de procéder à une extension de six mois de la transition (août 2015).

 

1.      Les participants ont demandé aux autorités de transition, ainsi qu’à l’Autorité nationale des Élections (ANE), de prendre d’urgence les dispositions politiques, juridiques, financières et matérielles nécessaires pour accélérer le processus électoral et faciliter la tenue, avant août 2015 au plus tard, d’élections libres, transparentes et crédibles qui marqueront la fin de la transition. Ils ont souligné que la prise de ces dispositions faciliterait significativement la mobilisation des ressources financières et du soutien matériel requis, notant à cet égard avec satisfaction la contribution du Gouvernement d’un montant d’un milliard de francs CFA. Ils ont demandé que la question du vote des personnes déplacées et des réfugiés, y compris leur enregistrement sur le fichier électoral, soit une priorité. Ils ont rappelé l’impératif du respect de la clause d’inéligibilité de toutes les autorités de transition, tel que stipulé dans la Charte constitutionnelle de transition et conformément aux instruments pertinents de l’UA. À cet égard, ils se sont félicités de la réaffirmation par le chef de l’État de  transition de son attachement à cette clause d’inéligibilité,  et attendent de tous les autres acteurs centrafricains concernés qu’ils prennent des engagements similaires. Ils ont souligné avec force que la communauté internationale ne soutiendrait pas la tenue d’élections organisés en violation de cette clause, pas plus qu’elle n’en reconnaîtrait les résultats.

 

1.      Les participants ont noté avec satisfaction les efforts fournis par le Gouvernement en vue de déployer l’administration déconcentrée et territoriale, ainsi que de renforcer l’administration centrale, aux fins d’apporter un appui à l’organisation des élections.  Ils ont encouragé le Gouvernement à poursuivre et à renforcer ces efforts.

 

1.      Les participants ont reconnu l’importance cruciale que revêt le processus d’élaboration de la nouvelle Constitution, qui doit sceller le vouloir-vivre ensemble de toutes les composantes de la nation centrafricaine et en marquer la refondation. Dans ce contexte, ils ont souligné la nécessité d’une participation inclusive de toutes les composantes et forces vives de la nation. En conséquence, ils ont exhorté l’ensemble des partenaires de la RCA à apporter le soutien nécessaire, en vue de l’aboutissement de ce processus.

 

               IV.            Sur la situation économique et financière

 

1.      Les participants ont exprimé leur préoccupation face à la situation économique et financière précaire en RCA, et ont rappelé le lien indissociable entre la stabilité politique et sécuritaire, d’une part, et le redémarrage des secteurs clés de l’économie, de l’autre. Ils ont encouragé les autorités de transition à poursuivre les efforts engagés en matière de mobilisation de ressources domestiques, notamment les recettes douanières, dans le plein respect de l’orthodoxie financière, afin de couvrir les dépenses liées au fonctionnement de l’État.

 

1.      Les participants ont souligné que le retour durable à la paix et à la stabilité en RCA est conditionné par la relance de l’économie, avec des perspectives concrètes pour l’emploi des jeunes. Dans ce contexte, ils ont salué la poursuite, particulièrement à Bangui, de l’exécution des travaux à haute intensité de main d’œuvre (THIMO) et leur extension aux agglomérations de l’intérieur. Ils ont également appelé au renforcement des projets dans l’arrière-pays, notamment dans les régions de l’Est et du Nord Est, où le besoin de développement est particulièrement criant.

 

1.      Les participants ont appelé les autorités de transition à promouvoir davantage la gouvernance financière et économique, celle-ci étant indispensable au rétablissement de la confiance des opérateurs économiques, à l’attraction de nouveaux investisseurs privés, à la relance économique et à la mobilisation de l’aide financière internationale nécessaire. À cet effet, ils ont demandé aux autorités de transition de mettre en œuvre les réformes relatives à la gouvernance économique et financière, y compris celles visant l’opérationnalisation du Comité national stratégique de la coordination de l’aide, la refondation du Cadre permanent de concertation (CPC) entre les secteurs public et privé, ainsi que la mise en œuvre du Programme d’urgence et de relèvement durable (PURD).

 

1.      Les participants ont noté avec satisfaction les appuis budgétaires extérieurs apportés à la RCA en 2014. Ils ont encouragé les amis et partenaires de la RCA, ainsi que les institutions financières régionales et internationales, à poursuivre leur appui au fonctionnement et à la stabilité de l’État centrafricain, en particulier à assurer la couverture des besoins de financement pour 2015.

 

                 V.            Sur le suivi des Conclusions de la réunion du GIC/RCA

 

1.      Les participants ont demandé à la Médiation internationale, avec l’appui du G8-RCA, d’assurer le suivi des dispositions pertinentes des présentes Conclusions, en particulier en ce qui concerne le parachèvement du processus lancé à Brazzaville, avec l’organisation du Forum de Bangui, l’élaboration de la nouvelle Constitution et la tenue des élections.

 

1.      Les participants ont demandé au G8-RCA d’élaborer, dans un délai d’une semaine, une matrice de mise en œuvre des présentes Conclusions, pour distribution à l’ensemble des membres du GIC-RCA, ainsi que de soumettre des notes mensuelles d’information faisant le point de la mise en œuvre des décisions convenues.

 

               VI.            Remerciements et prochaine réunion

 

1.      Les participants ont remercié les autorités centrafricaines pour avoir facilité la bonne tenue de la 6ème réunion du GIC-RCA et pour l’accueil qui leur a été réservé. Ils ont exprimé leur appréciation au G8-RCA pour la bonne préparation de la réunion.

 

1.      Les participants ont convenu de tenir leur prochaine réunion à Brazzaville, au mois de février 2015, à une date qui sera fixée après consultations.

 

 

23/06/2014

Rapport d'International Crisis Group: La crise centrafricaine: de la prédation à la stabilisation

Un Rapport sur la crise centrafricaine de la prédation à la stabilisation

A lire pour se faire une idée plus fine des enjeux

 

http://fr.calameo.com/read/0031526246ecd1ac3f779

02/06/2014

Intervention de Martin ZIGUELE CE JOUR A L'ACADEMIE POLITIQUE INTERNATIONALE

LA RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE :

SITUATION ET PERSPECTIVES

ACADÉMIE DIPLOMATIQUE INTERNATIONALE


martin ziguélé,rca,tribune,academie diplomatique international

PARIS 2 JUIN 2014
 
 
 
 

 martin ziguélé,rca,tribune,academie diplomatique international

 
L’actualité de la situation dans mon pays et plus particulièrement celle de sa capitale, m’oblige à en dire deux mots avant d’aborder proprement parler le sujet sur lequel je dois intervenir ici. En effet, Bangui vient de connaître une nouvelle convulsion il y a quelques jours,  avec le cycle infernal absurde de représailles et d’escalades dans la violence aveugle et des tueries. Après le lynchage une semaine plus tôt de trois jeunes musulmans, cette fois-ci,  on a dénombré dix-sept personnes, dont un curé, sauvagement  abattues et une trentaine d’autres grièvement blessées dans une église, après le passage d’assaillants non encore clairement identifiés. Il s’en est suivi dès le lendemain la quasi paralysie de la ville et ce, durant deux jours. On a noté un vaste mouvement de protestations dans plusieurs quartiers de Bangui où des barricades ont été érigées sur les principaux axes routiers, deux mosquées détruites par des manifestants très en colère qui marchaient et scandaient des slogans hostiles au contingent burundais de la MISCA en charge du secteur, accusé de n’avoir rien fait pour empêcher le carnage de l’église et dont ils exigeaient le départ du pays. Les manifestants ont aussi demandé la démission de la présidente de la transition, Mme Catherine SAMBA-PANZA. On enregistre depuis lors, une certaine accalmie mais qui est précaire,car le désarmement général de tous les arrondissements de la capitale - y compris des deux essentiellement habités par la communauté musulmane - enfin annoncé par Mme la présidente Catherine SAMBA-PANZA mais déjà contesté par nos compatriotes musulmans, pourrait être de tous les dangers.  


La République centrafricaine est un pays d’ordinaire méconnu, en dehors des périodes fantasques comme celle du couronnement de feu Jean-Bedel BOKASSA, qui s’était autoproclamé Empereur en 1976.
Depuis plus d’une année  la RCA fait la une des medias internationaux, à cause de la grave crise multiforme (sécuritaire, humanitaire, politique, économique et sociale) qui y sévit, depuis le déclenchement dans la partie Nord-est du pays de la rébellion de l’ex- Coalition SELEKA en décembre 2012, et qui a fini par renverser du pouvoir le Général Président François BOZIZE.
Malheureusement, cette crise n’est que la dernière en date d’une trop longue série de crises politiques graves que notre pays a connues depuis la disparition du Père de l’indépendance Barthélemy BOGANDA le 29 mars 1959, à moins d’un an de l’accession du pays à la souveraineté internationale, dans un accident d’avion aux circonstances non encore élucidées à ce jour.
Le mal centrafricain se décline par un chapelet de coups d’Etat réels ou supposés, de tentatives de coup d’Etat, de mutineries militaires et de rebellions, sans parler de changement de forme de l’Etat, passé comme évoqué tantôt de la République à l’Empire en 1976, avant de revenir à la République à la faveur d’un autre coup d’Etat en 1979.
Ces déchirements sont la conséquence d’alternances politiques difficiles, dues à une personnalisation excessive du pouvoir : à la mort de Barthélemy BOGANDA, son Ministre de l’Intérieur David DACKO s’imposera contre le Vice-président du Conseil des Ministres, Abel GOUMBA. Ensuite, le colonel Jean-Bedel BOKASSA Chef d’Etat-major de la jeune armée nationale, renversera le Président David DACKO en 1966, puis en septembre 1979, à la faveur de l’Opération Barracuda, l’ancien Président David DACKO renversera à son tour Jean-Bedel BOKASSA. Mais, le 1er septembre 1981, le Général André KOLINGBA,  Chef d’Etat-major des Armées s’emparera du pouvoir des mains de David DACKO et le conservera jusqu’en octobre 1993. Il transmettra le pouvoir à Ange-Félix PATASSE, élu au suffrage universel en septembre 1993. Ce sera la première et seule alternance démocratique à ce jour dans l’histoire du pays, puisque le Général François BOZIZE, Chef d’Etat-major des Armées qui était entretemps entré en rébellion contre le régime du Président Patassé,  vient mettre brutalement fin à cette courte expérience en  renversant à son tour Ange-Félix PATASSE le 15 mars 2003
Le même François BOZIZE sera à son tour renversé par Michel DJOTODIA, chef de la coalition rebelle Seleka le 24 mars 2014. Enfin ce dernier sera lui-même contraint à la démission le 10 janvier 2014, ouvrant la voie à l’élection le 20 janvier 2014 de Madame Catherine SAMBA-PANZA par le Conseil National de Transition - le Parlement provisoire -  au poste de Chef d’Etat de la Transition avec comme principales missions la restauration de la paix et l’organisation des élections en février 2015.
Naturellement, cette longue et récurrente instabilité politique, et les violences multiformes qui l’accompagnent,  ont relégué au second plan le développement économique et social du pays depuis notre indépendance en 1960. Cela fait de la RCA un véritable paradoxe  puisque nous sommes aujourd’hui un pays parmi les plus pauvres du monde, incapable de fournir à sa population les services de base,  malgré les considérables potentialités et ressources naturelles dont nous disposons.  La conséquence de cette situation paradoxale est la promotion de contre-valeurs tels que les comportements inciviques, le développement du communautarisme, l’absence de sentiment national et la mauvaise gestion de la chose publique, dans un environnement d’effondrement progressif de l’Etat et de personnalisation excessive du pouvoir, en lieu et place de la construction ou du renforcement des institutions et de la citoyenneté.  
La dernière crise en cours est justement née de ce cocktail de contre-valeurs.
En effet, les élections groupées de janvier 2011, contrairement à celles organisées en 2005 après la première transition dirigée par le Général François BOZIZE suite à sa prise du pouvoir par les armes en mars 2003, se sont déroulées  en dehors du cadre légal, au vu et au su de tous. Les résultats ont été naturellement et unanimement contestés par toutes les parties, y compris par la communauté internationale, et les institutions issues de cette mascarade électorale sans précédent n’ont pas été reconnues par l’opposition démocratique.  Notre pays a replongé dans une crise politique postélectorale doublée d’une crise sociale et sécuritaire sans précédent du fait de l’accentuation de la pression militaire exercée sur le pouvoir illégitime du général BOZIZE par plusieurs rébellions dans l’arrière-pays.

Le général François BOZIZE, alors Président de la République, s’était muré dans un refus de toute concertation et de tout dialogue avec les partis de l’opposition, et ce, malgré les recommandations du Dialogue Politique Inclusif tenu à Bangui en décembre 2008 et en dépit des conseils pressants du Président tchadien Idriss DEBY ITNO qui a effectué exprèsdébut  mai 2012, un déplacement à Bangui pour lui suggérer un dialogue politique avec l’opposition.
A l’éclatement de la rébellion de l’ex-Coalition SELEKA début décembre 2012, et lorsque les Chefs d’Etat et de Gouvernement de la CEEAC devaient se réunir à Ndjamena afin de trouver une issue politique et pacifique à cette crise,  l’ancienne opposition démocratique dont mon parti le MLPC est membre, réunie en Collectif des partis et associations politiques de l’opposition démocratique, a pris ses responsabilités historiques en demandant aux Chefs d’Etat et de  Gouvernement la tenue d’un sommet élargi aux forces politiques et à la société civile pour débattre au fond de la crise centrafricaine.
C’est ainsi qu’en janvier 2013, se tiendra à Libreville un sommet extraordinaire de la CEEAC sur cette crise, à l’issue duquel ont été signés les Accords dits de Libreville, qui prévoient entre autres, la mise en place d’une période de transition de trois ans s’achevant en 2016, et la constitution d’un gouvernement d’union nationale de transition dirigé par un Premier Ministre issu de l’opposition démocratique.
C’est sur cette base que Maître Nicolas TIANGAYE, alors Coordonnateur de l’opposition démocratique, fut nommé Premier Ministre malgré les atermoiements du général BOZIZE. Le Premier Ministre Nicolas TIANGAYE mettra  en place, dans des conditions éprouvantes,  un gouvernement d’union nationale de transition comprenant  toutes les entités signataires des Accords de Libreville, c’est-à-dire la majorité présidentielle de François BOZIZE, l’opposition démocratique, l’ex-rébellion Séléka et les mouvements politico-militaires engagés dans le processus du DDR. Malgré la mise en place de ce gouvernement,  le non-respect des Accords de Libreville conduira à la reprise des hostilités et à la chute de François BOZIZE le 24 mars 2013.
L’opposition démocratique a condamné cette prise de pouvoir par la force et exigé le respect de l’esprit des Accords de Libreville, notamment la conduite consensuelle et inclusive d’une période de transition apaisée. C’est ainsi que les sommets extraordinaires de Ndjamena 3 et 4  d’avril 2013 consacreront cette position et permettront la mise en place du Conseil National de Transition, de la Charte Constitutionnelle de transition et des autres institutions de la transition.
Devant la dégradation continuelle de la situation sécuritaire et les difficultés liées à la cohabitation politique entre les trois personnages principaux de ladite transition, les Chefs d’Etat et de Gouvernement de la CEEAC tiennent les 9 et 10 janvier 2014 à Ndjamena, un sommet extraordinaire à l’issue duquel le Président de la Transition ainsi que le Premier Ministre Chef du Gouvernement sont contraints à la démission.
Il s’en suivra l’élection d’un nouveau Président de Transition qui nommera un Premier Ministre de transition en dehors des dispositions de l’Accord politique de Libreville et de la Charte Constitutionnelle de Transition. Dès lors, les partis membres de la plateforme à laquelle mon parti le MLPC appartient, et qui se dénomme l’Alliance des Forces Démocratiques de la Transition (AFDT) décident de ne pas participer au gouvernement de transition tout en soutenant néanmoins le processus de transition en cours.


Les propositions de sortie de crise

Malgré ce changement intervenu au sommet de l’Etat en janvier 2014, la crise sécuritaire s’est accentuée. De mon point de vue, l’aggravation actuelle de la situation en RCA est due à deux facteurs :
le premier facteur est l’instrumentalisation politique, militaire confessionnelle des milices Anti-Balakas, par le général François BOZIZE et ses proches, malgré les sanctions récemment édictées par l’ONU de gel de leurs avoirs et d’interdiction de voyager. Les milices Anti-Balakas sont encadrés au vu et au su de tous  par d’anciens membres de la garde prétorienne de François BOZIZE, ainsi que par ses partisans et alliés politiques inspirateurs des associations, Coalition citoyenne d’opposition aux rébellions armées (COCORA) et Coalition des Actions Citoyennes (COAC) de triste mémoire. Il est important de relever que le parti de François BOZIZE, le parti Kwa Na Kwa (KNK) n’a jamais condamné les violences exercées par ces groupuscules agissant au nom de leur leader. L’objectif stratégique des Anti-Balakas est et demeure la déstabilisation du processus de la transition afin de créer un genre de « big-bang » leur offrant une fenêtre d’opportunité pour revenir dans le jeu politique, grâce à une remise à plat des institutions. C’est cette stratégie qui se décline aujourd’hui par le harcèlement des forces internationales et les assassinats ciblés des « musulmans » et la destruction de leurs lieux de cultes. En s’interposant, les forces internationales sont aussi devenues la cible des forces pro-BOZIZE qui se félicitent ouvertement d’avoir « poussé » le Tchad à se désengager de la RCA. Aujourd’hui  la même stratégie est remise en marche  contre les forces burundaises de la MISCA. L’objectif final est de faire le vide pour s’imposer militairement et conduire une « troisième » transition avec leurs mentors à la tête de l’Etat.

Le second facteur est la position réelle de l’ex-Coalition Séléka vis-à-vis de la paix et de l’unicité du pays. Le récent Congrès de l’ex-Coalition Séléka tenu à Ndélé dans le nord du pays, a pris des décisions qui vont dans le sens de la mise en place des éléments constitutifs d’un Etat : mise en place d’un Etat-major militaire de l’armée rebelle, d’une direction générale de la gendarmerie, de la police, des services de renseignement et de l’administration, etc… dans la partie orientale de notre pays où se sont retranchées la plus grande partie de nos compatriotes de confession musulmane pour se protéger des anti-balakas. Malgré les dénégations des chefs militaires de la Séléka, cette situation porte atteinte à l’intégrité du pays et est inacceptable pour tout Centrafricain. C’est un défi politique majeur dont la résolution doit être au centre des préoccupations du gouvernement et de la communauté internationale, car toute partition de la RCA est non seulement inacceptable mais risque d’être un précédent dangereux pour tous les pays de la sous-région.

Le troisième facteur est une sorte de « marginalisation » du politique dans le processus de transition : les partis politiques démocratiques et républicains, conscients de la situation de notre pays et de leurs  responsabilités historiques, œuvrent très sincèrement pour le succès de la transition et pour preuve, ils soutiennent le processus malgré leur absence du gouvernement de transition. Cependant force est de constater que le rôle des partis politiques est sous-estimé par les différentes parties prenantes à la résolution de la crise centrafricaine, qui n’en font pas  réellement des interlocuteurs. Les interlocuteurs considérés comme valables sont  ceux qui portent ou ont porté des armes contre la Nation, et menacent quotidiennement la paix et la sécurité dans le pays. Il s’en suit une sorte de prime à la violence et aux groupes violents, qui renforce l’esprit d’incivisme et relègue au second plan les devoirs du citoyen en République. De facto, le gouvernement croît n’avoir d’autre choix que de s’éloigner aussi bien des Accords de Libreville que de la Charte Constitutionnelle de la Transition tout en ménageant les groupes armés dont certains représentants ont été choisis pour faire partie des cabinets de la présidence et de la primature. Les autorités de la transition sont malheureusement en train de faire les frais de ce manque de fermeté à l’égard des bandes armées qui ne cessent de les harceler et de les diviser.

Devant cette situation, nos propositions de sortie de crise sont les suivantes :

1- LA NECESSAIRE DESIGNATION DES ANTI-BALAKAS COMME FORCES NEGATIVES DE RESTAURATION DE L’ORDRE ANCIEN ET DES EX-SELEKAS PARTISANS DE LA PARTITION DU PAYS  COMME FORCES NEGATIVES DE PARTITION DU PAYS :

Il est difficile de dire aujourd’hui quelle est la position politique exacte du gouvernement centrafricain vis-à-vis des Anti- Balakas et des ex- Selekas partisans de la partition du pays. Les déclarations des responsables gouvernementaux sont différentes, contradictoires les unes des autres, et cela ne donne aucune lisibilité à la définition d’une stratégie politique et militaire claire vis-à-vis des forces négatives. Cette situation est un facteur aggravant de la crise actuelle et à l’origine des tensions perceptibles avec la communauté internationale.



2- L’APPLICATION EFFECTIVE, INTEGRALE ET IMMEDIATE DES RESOLUTIONS 2121 ET 2127 DU CONSEIL DE SECURITE DES NATIONS UNIES PAR LES FORCES INTERNATIONALES :

Le mandat onusien qui place les forces françaises de SANGARIS et celles africaines de la MISCA sous le chapitre 7 de la Charte  des Nations Unies implique l'usage de la force pour désarmer les deux forces négatives. Il faut que ce mandat soit appliqué dans son intégralité, puisque le désarmement intégral concomitant et simultané  des groupes et/ou individus détenteurs illégaux d’armes de guerre est la condition sine qua non du retour à la sécurité. Il s’agit d’éviter que la RCA ne continue d’être le terrain d’affrontements intercommunautaires de grande ampleur, et ensuite un sanctuaire pour des mouvements et réseaux criminels transnationaux. Apres cela, il reviendra au gouvernement centrafricain de poursuivre cette tache contre les combattants de l’Armée de Résistance du Seigneur (Lord’s Resistance Army-LRA) de l’Ougandais Joseph KONY qui continuent de sévir aux frontières du Sud-soudan et de la République Démocratique du Congo, et des divers autres groupes issus des confins de la zone dite des « trois frontières » Tchad-RCA et Soudan.



3- EQUIPEMENT ET DEPLOIEMENT DES FORCES DE POLICE ET DE GENDARMERIE AUX COTES DES FORCES INTERNATIONALES SUR TOUTE L’ETENDUE DU TERRITOIRE NATIONAL :
 
Cette évidence est partagée par tous les protagonistes de la crise centrafricaine. L’absence d’une masse critique des  forces de police et de gendarmerie à Bangui, et surtout leur absence totale des villes de  province, ont accentué l’insécurité. Pour rétablir la sécurité dans les quartiers de Bangui, dans les villages et les villes de l’intérieur du pays, cette remontée en puissance de la police et de la gendarmerie est nécessaire et urgente.



4- CANTONNEMENT, CONTROLE ET RESTRUCTURATION DES FORCES ARMEES CENTRAFRICAINES (FACA), PUIS LEUR EQUIPEMENT ET DEPLOIEMENT AUX COTES DES FORCES INTERNATIONALES SUR TOUTE L’ETENDUE DU TERRITOIRE NATIONAL :

Suite au lynchage public d’un de leur camarade de confession musulmane et de ce fait, considéré comme un complice de l’ex-rébellion de la SELEKA, les FACA sont devenues un cas d’école pour tous : faut-il réarmer des forces qui ont fait publiquement la preuve de comportements non-professionnels? Il nous semble important de cantonner et de procéder au tri de ces militaires pour séparer le bon grain de l’ivraie car il est établi que bon nombre d’éléments FACA qui gardent par devers eux leurs armes, sont impliqués dans les actions des antibalakas et dans de nombreux braquages, puis de réarmer progressivement des unités reconstituées. Il faut que le gouvernement continue de discuter avec la Communauté internationale pour  le rééquipement des Forces Armées Centrafricaines (FACA). Cela leur permettrait d’œuvrer efficacement aux côtés des forces internationales, tout en respectant les résolutions 2121 et 2127.



5- EXECUTION TRES RAPIDE DES PROGRAMMES DE DESARMEMENT-DEMOBILISATION ET  REINSERTION (DDR) ET DE LA REFORME DU SECTEUR DE SECURITE (RSS) :

C’est la priorité absolue sans laquelle le cas centrafricain sera un éternel recommencement. Il faut rappeler que la crise actuelle est née du manque de volonté du régime de François BOZIZE de mener à bon terme deux programmes soutenus par la communauté internationale et indispensables à la paix et à la stabilité du pays. Il s’agit du Programme de Désarmement, Démobilisation et Réinsertion (DDR) dont plusieurs financements antérieurs ont été hélas dilapidés et gérés dans l’opacité. L’objectif était  pourtant de redonner à l’Etat la capacité de se protéger. Cette mise en œuvre rapide du DDR devient aujourd’hui une nécessité pour mettre fin à l’existence de groupes armés et des  velléités séparatistes.



6- RESTAURATION DE L’AUTORITE DE L’ETAT PAR LE REDEPLOIEMENT RAPIDE DE L’ADMINISITRATION ET LA RELANCE DE L’ECONOMIE :

L’Etat centrafricain s’est effondré et la restauration de l’autorité de l’Etat passe par le redéploiement rapide de l’administration sur toute l’étendue du territoire national, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui à cause des contraintes sécuritaires. Ce sera le seul moyen de ramener dans leurs foyers les près de deux millions de déplacés internes, et des réfugiés dans les pays voisins, puis ensuite de rétablir et de reconstruire la confiance entre les gouvernés et les gouvernants.
Pays à l’économie embryonnaire, fragile et traditionnellement mal gérée, la RCA connait à l’occasion de cette crise une implosion totale de ce qui reste de son économie et de ses finances publiques. Il faut exécuter la feuille de route du gouvernement adoptée rendant effectivement  disponibles les financements promis. Il faut également s’attaquer dans l’ordre, aux urgences humanitaires puis prioriser les décisions permettant de relancer effectivement l’agriculture et l’élevage qui font vivre la majorité de la population en zone rurale et de remettre en état des principales infrastructures permettant la fluidité des échanges intérieurs et extérieurs de la RCA.
Le paiement régulier de la dette sociale publique (salaires des fonctionnaires, pensions des retraités et bourses des étudiants) dans un pays sans secteur privé important est un levier important de reprise économique par la relance de la consommation. Nous saluons la concrétisation constatée des appuis extérieurs multilatéraux dont ceux du FMI et de la Banque Mondiale, ainsi que des  aides budgétaires bilatérales d’urgence notamment de la France, de l’Angola, du Congo, du Tchad, etc.…La vie a commencé à reprendre à Bangui du fait de cette aide quand les démons de la haine ont replongé cette semaine le pays dans un déchainement de violence, parce que le retour progressif de la paix leur est insupportable et contraire à leurs plans machiavéliques.


7- MISE EN PLACE D’UN PROCESSUS DE JUSTICE PUIS DE RECONCILITATION :

S’il est vrai qu’il n’y aura pas de paix définitive des cœurs sans réconciliation, il est également établi qu’il n’y aura pas de paix sans justice. Nous saluons les décisions du Comité de sanctions contre trois des responsables  de la crise centrafricaine, et leur demandons de poursuivre leur travail et que justice s’en suive. Depuis décembre 2013, le MLPC  milite pour la mise en place d’une Commission Justice et réconciliation, car l’impunité est la cause principale de la répétition des crises en RCA. Il faut rechercher la vérité sur les tenants et aboutissants des crises, puis s’atteler à la justice et après au pardon etc… La réconciliation ne saurait être une fenêtre d’opportunité pour des criminels qui cherchent frénétiquement l’impunité et à se refaire une virginité judiciaire.
Il faut reconstruire d’urgence la chaîne pénale et les infrastructures de base de la justice qui ont été détruits. Les exemples sud-africains et rwandais avec les « gatchatchas » doivent nous inspirer pour inventer des mécanismes appropriés de justice. Cependant, force est de constater que dans sa situation actuelle, l’Etat centrafricain ne peut réellement pas exercer son droit régalien de juger et la justice internationale doit intervenir le plus tôt possible contre ces criminels bien connus en RCA afin qu’ils ne continuent pas de nuire à la transition.



8- LE RETOUR DES DEPLACES DANS LEURS LIEUX HABITUELS DE RESIDENCE :

Près de deux millions de Centrafricains, dont environ de cinq cents mille dans la capitale, sont des déplacés internes, ayant fui leurs foyers pour sauver leurs vies. Sur l’aéroport même de Bangui, des dizaines de milliers de personnes se sont agglutinées, ainsi que dans les églises et autres lieux de culte. Leur retour dans leurs foyers respectifs est un impératif.



9- LE RETOUR EN CENTRAFRIQUE DE TOUS LES REFUGIES, TOUTES CONFESSIONS CONFONDUES,AVANT LES ECHEANCES ELECTORALES :

Le MLPC, mon parti, soutient que le retour en Centrafrique de tous les réfugiés de toutes les confessions confondues avant les échéances électorales prévues en février 2015, est une nécessité afin de ne pas consacrer le communautarisme et donner implicitement raison aux forces négatives. Ce ne sera que justice, et toutes les dispositions doivent être prises pour protéger tous nos compatriotes de toutes confessions, sur toute l‘étendue du territoire national, comme le veut la République laïque, solidaire et unique.



10- PRENDRE TOUTES LES DISPOSITIONS POUR TENIR LE CALENDRIER ELECTORAL :

Il faut prendre toutes les dispositions nécessaires pour le retour à un ordre constitutionnel normal par le biais des élections prévues en février 2015 afin de jeter les bases d’une véritable refondation politique, économique et sociale. La parole politique doit pouvoir être réhabilitée.
C’est pourquoi l’Autorité Nationale des Elections (ANE) doit être immédiatement dotée de moyens lui permettant de disposer d’un budget conséquent pour l’élaboration d’un calendrier réaliste. Pour le MLPC, les opérations doivent être conformes aux dispositions du code électoral : d’abord le recensement des électeurs, l’établissement d’un fichier électoral informatisé, la délivrance de cartes d’électeurs biométriques puis un référendum constitutionnel et ensuite seulement, tenir les élections.
L’objectif stratégique est de tirer les leçons de notre histoire récente en bâtissant des institutions solides et représentatives de tous les Centrafricains, et en relançant effectivement la décentralisation qui permettra un développement plus équilibré du territoire. Le but final sera d’engager enfin la réforme structurelle d’un Etat accepté par tous.



11- LE SOUTIEN INDISPENSABLE DE LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE A LA RECONSTRUCTION DE L’ETAT ET DE LA NATION :

La construction d’une paix durable en Centrafrique nécessite un accompagnement et un soutien déterminé et sans faille de la communauté internationale. Ce soutien s’est manifesté par la mise en place de la MISCA et des Forces SANGARIS, et se poursuivra par la mise en place rapide d’une opération de maintien  de la paix des Nations Unies (MINUSCA) en septembre prochain.
Au-delà, il faudra s’attaquer aux racines du mal centrafricain, c’est-à-dire l’effondrement de l’Etat dans toutes ses composantes régaliennes classiques et sa reconstruction, en tirant au maximum profit de l’expérience des Nations Unies en matière de « nation building » et de « state building ».
Si cette dimension centrale et structurante est occultée, il y’ a des risques que, malgré le travail important réalisé, le pays soit confronté dans un proche avenir  à un « remake » comme dans le mythe de Sisyphe.

Je vous remercie.
Martin ZIGUELE
Paris ce 2 juin 2014

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